Photo: Un hôpital plus vert est un hôpital en meilleure santé

Par John Howard, Ph.D., MD

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Il y a deux ans, les associations de professionnels de la santé les plus importantes au Canada ont uni leurs forces pour demander un secteur de la santé qui serait plus écologiquement responsable. Cet énoncé de position commun exprimait la vision suivante:

Nous voyons le secteur de la santé comme un chef de file de l'intégration des pratiques respectueuses de l'environnement dans la prestation des soins. Nous le voyons aussi comme un promoteur du partage de l'information sur les pratiques exemplaires, qui encourage la population et les organisations du pays à limiter leur empreinte environnementale. Dans un secteur de la santé écologique, la minimisation de l'impact négatif sur l'environnement constituerait une priorité pour les personnes et les organisations dans leurs activités quotidiennes et à tous les niveaux de la prise de décision.

La santé humaine et l'environnement sont inextricablement liés, de sorte qu'il peut sembler évident que le secteur de la santé doive prendre une part active dans la protection de l'environnement qui, elle, soutient la vie humaine. Pourtant, la réalité est que les hôpitaux produisent des déchets à des niveaux inégalés par la plupart des industries. Dans de nombreuses collectivités canadiennes, les hôpitaux sont aussi parmi les édifices qui consomment le plus d'énergie.

Je travaille au London Health Sciences Centre (LHSC), qui a une empreinte écologique équivalente à 631 kilomètres carrés — une superficie beaucoup plus grande que la ville de London elle-même. Bien qu'il y ait des dommages potentiels associés à cette empreinte carbone importante, il y a là aussi des occasions de faire d'importantes réductions dans la consommation d'énergie et dans la production de déchets hospitaliers.

En tant que médecin, je fais un effort conscient pour réfléchir aux conséquences écologiques de mes soins pour les patients. Outre les options évidentes de l'utilisation de transport efficace, d'éteindre les lumières quand elles ne sont pas nécessaires, de débrancher les ordinateurs lorsqu'ils ne sont pas en cours d'utilisation, d'éviter les emballages jetables, et de minimiser l'utilisation du papier, je considère l'impact sur l'environnement de mes décisions quotidiennes à la clinique. Par exemple, est-ce qu'un patient a vraiment besoin de faire 100 kilomètres de route pour un rendez-vous de suivi, ou puis-je gérer ses préoccupations au téléphone? Pourrais-je faire la consultation au complet par vidéoconférence? Puisque la dégradation de l'environnement est un facteur important en santé, j'essaie d'éduquer mes patients et mes collègues sur les façons de minimiser leurs propres émissions de carbone et la production de déchets.

J'ai également été impressionné par le leadership démontré par le département d'ingénierie de l'hôpital et les initiatives envisagées pour réduire les répercussions environnementales lors des prises de décisions administratives. L'hôpital a maintenant une stratégie de réduction des déchets qui est une composante de toutes les décisions prises. Au-delà de la réduction des déchets, cette stratégie permet à l'hôpital d'économiser de l'argent. Par exemple, un grand pas en avant a été la "cogénération", la génération de chaleur et d'électricité en même temps. Une fois qu'une seconde unité sera en place, l'hôpital sera presque indépendante du réseau énergétique de l'Ontario et elle produira 20 000 tonnes de gaz à effet de serre de moins, soit une économie de 2 millions de dollars par année en coûts énergétiques. LHSC a également un très bon programme de sensibilisation qui vise à éduquer et à encourager chaque employé à réduire sa consommation d'énergie à l'hôpital (et à la maison). La quantité de déchets que l'hôpital envoie à l'enfouissement a diminué de 14 pour cent au cours des cinq dernières années, bien que nous fournissions maintenant plus de soins de santé à la communauté.

D'autres programmes se sont aussi avéré des réussites.

  • LHSC a été l'un des premiers hôpitaux à cesser l'utilisation de pesticides pour l'entretien de ses espaces verts. Le département de gestion immobilière a créé quatre jardins de guérison afin de reconnaître l'effet curatif de l'environnement naturel sur les patients et le personnel.
  • Les produits «verts» hospitaliers sont de plus en plus disponibles. LHSC a créé des «critères écologiques» qui font désormais partie de toutes les demandes de fourniture de produits. Les critères qui sont considérés à l'achat sont les emballages, les modes de livraison et la possibilité de la reprise en charge des produits usés et des emballages par le fournisseur à des fins de recyclage.

LHSC a accueilli la première conférence annuelle Eco-Care en 2008, un événement national qui a pour but de réduire l'empreinte écologique des soins de santé. Des délégués de partout au Canada se sont réunis pour discuter de la façon de diminuer la consommation d'énergie, de réduire les déchets, de réutiliser le matériel de soins de santé et d'élaborer des programmes de gérance de l'environnement pour les employés. Cela a été un excellent forum dans lequel les fournisseurs ont pu présenter des produits d'hôpital écologiques (par exemple, des bassines compostables) et des services (par exemple, l'utilisation de produits de nettoyage écologiques). Visitez le site de Eco-Care Canada pour plus d'informations.

Les hôpitaux existent pour le bénéfice de nos collectivités, mais aussi, elles consomment et polluent. Non seulement devons-nous fournir des soins optimaux aux patients, mais nous devons aussi réduire au minimum les effets néfastes sur l'environnement des hôpitaux. Étant donné la taille importante de « l'industrie » des soins de santé, de faibles taux de réduction en termes de consommation d'énergie et de production de déchets se traduiront par d'importantes réductions globales. Howard -- 2008 -- casual.jpgDans les hôpitaux, comme dans d'autres lieux de travail et institutions communautaires qui mettent en œuvre des initiatives environnementales, quelques changements majeurs combinés avec de nombreux petits changements peuvent avoir un impact énorme. Cela peut être fait!

Dr John Howard, professeur de pédiatrie et de médecine à la London Health Sciences Centre, est président de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement.

16 mars 2011

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