Photo: L'énergie verte pourrait faire de chaque jour la Journée de l'air pur

(Crédit : Loozrboy via Flickr)

Par Gideon Forman, au nom de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement (ACME)

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En Ontario, les médecins, les infirmiers, les infirmières ainsi que les plus importants organismes de bienfaisance dans le domaine de la santé se sont joints pour appuyer l'énergie renouvelable et l'élimination rapide de l'électricité provenant du charbon. C'est un projet unique au pays.

Les professionnels de la santé dénoncent depuis longtemps les dommages au bien-être et à la santé des êtres humains que cause la pollution de l'air. Dans un important rapport intitulé L'air qu'on respire, l'Association médicale canadienne a calculé qu'en 2008, la pollution de l'air a tué 21 000 Canadiennes et Canadiens et estime que d'ici 2031 « le nombre de décès causés par l'exposition de longue durée aura atteint 710 000. »

Ainsi, l'Association canadienne des médecins pour l'environnement, l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, l'Ontario Lung Association et la Société canadienne de l'asthme font paraître dans 15 journaux ontariens des annonces ayant pour titre « Doctors and Nurses Support Green Energy » (Les médecins, les infirmières et les infirmiers appuient l'énergie verte). Les annonces — qui apparaissent aussi dans des magazines et sur Internet — informent les lecteurs que, l'an dernier, les centrales au charbon ont causé plus de 150 000 maladies et plus de 300 décès. Ils déclarent : « Les médecins, les infirmières, les infirmiers et d'autres professionnels de la santé en Ontario appuient l'économie d'énergie en combinaison avec l'utilisation des énergies solaire et éolienne — pour nous aider à délaisser le charbon. » Les logos des organismes signataires sont mis en évidence, et ils représentent des dizaines de milliers de professionnels de la santé.

L'électricité provenant du charbon commence par une exploitation minière qui dévaste les paysages — dans certains cas, arrachant littéralement la cime des montagnes. L'utilisation de ce combustible dégage un éventail de poisons dont le plomb et le mercure (neurotoxines), le chrome et l'arsenic (cancérogènes) et des composants des pluies acides (dioxyde de soufre et oxydes d'azote), en plus des poussières fines ainsi que des gaz causant le smog qui sont durs sur la respiration et le cœur. Mais ce qui est probablement le plus inquiétant est son effet sur les changements climatiques : À elles seules, les centrales au charbon de l'Ontario émettent une quantité de gaz à effet de serre équivalant à celle de millions d'automobiles. Si le réchauffement climatique est le plus grand problème environnemental et une menace à la santé de la planète, interdire le charbon est la priorité. Comme l'a indiqué le récipiendaire d'un prix Nobel, l'économiste Paul Krugman, dans le New York Times l'an dernier, « James Hansen, le célèbre climatologue qui a le mérite d'avoir le premier mis en lumière le problème du réchauffement climatique, soutient avec insistance que la majeure partie du problème provient d'une seule chose, la combustion du charbon... »

Mais la nouvelle campagne en Ontario ne fait pas qu'évaluer les dommages — aussi sérieux soient-ils. Cette initiative, pour la première fois au Canada, voit des professionnels de la santé combattre la pollution de l'air en insistant sur la fin du charbon tout en appuyant les énergies renouvelables.

L'Ontario a promis de fermer ses centrales au charbon d'ici 2014, mais les médecins, les infirmières et les infirmiers veulent que cela se produise beaucoup plus rapidement. Ils soulignent que la province a suffisamment de centrales électriques n'utilisant pas le charbon pour pouvoir les fermer immédiatement. Et ils insistent sur le fait que le charbon est un désastre du début à la fin. (L'Ontario n'est pas le seul fautif. En Nouvelle-Écosse et en Saskatchewan, plus de 50 de l'électricité produite provient de combustibles fossiles ; en Alberta, on parle de 82 .)

Voilà pourquoi les médecins, les infirmières, les infirmiers et des organismes de bienfaisance dans le domaine de la santé en Ontario ont lancé cette campagne sans précédents pour accélérer l'élimination du charbon et le développement de l'énergie renouvelable. Contrairement aux centrales au charbon, l'exploitation des énergies éolienne et solaire ne contribue pas aux lésions cérébrales ni au cancer, elle ne contribue pas non plus aux pluies acides, aux changements climatiques ou au smog. Il est bien de se rappeler ceci la prochaine fois que quelqu'un s'attaque à l'énergie verte comme étant « non sécuritaire ».

Et c'est une pensée encourageante pour la Journée de l'air pur, le 8 juin.

Gideon Forman est le directeur général de l'Association canadienne des physiciens pour l'environnement. www.cape.ca

7 juin 2011

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