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Photo: Protéger les espèces qui en ont besoin

Ours grizzly. (Crédit: Eric Bégin via Flickr)

Le rapport de la Fondation David Suzuki « Les exclus de la liste » (en anglais uniquement) dresse le profil de huit espèces recommandées pour la liste par le corps scientifique mais n'ayant pas encore été ajoutées à la Loi sur les Espèces en Péril.

Le rapport de la Fondation David Suzuki « Les exclus de la liste » dresse le profile de huit espèces telles que le caribou de Peary, le requin-taupe, plusieurs populations de belugas, l'ours polaire et le saumon de l'Atlantique, recommandées auparavant pour la protection en vertu de la Loi sur les Espèces en Péril (LEP) par le corps scientifique, mais n'ayant toujours pas été ajoutées à la liste.

Une étude récente publiée dans la revue scientifique Conservation Biology indiquait que, depuis 2003, 21 espèces considérées en voie de disparition par le Comité sur la Situation des Espèces en Péril au Canada (COSEPAC) ont été exclues de la liste relevant de la LEP, alors que neuf autres ont été renvoyées pour une étude plus approfondie.

Pourquoi? Parce que le Ministre Fédéral de l'Environnement a le pouvoir de demander au cabinet de ne pas mettre une espèce sur la liste s'il prévoit que cela aura un impact politique et économique.

Le COSEPAC effectue des recommandations sur le statut des espèces auprès du Ministre de l'Environnement, qui ensuite fait des recommandations auprès du Cabinet. Mais le Ministre a déjà ignoré l'avis scientifique du COSEPAC à plusieurs reprises. Et il semblerait que cette décision soit récurrente.

Les animaux nordiques et les poissons marins ont été identifiés comme étant des espèces régulièrement exclues de la liste, à la fois dans « Les exclus de la liste » et dans l'article publié dans Conservation Biology.

De nombreuses espèces nordiques ont été rejetées et font l'objet de consultations supplémentaires auprès des communautés du Nunavut. Cela fait cependant des années que celles-ci ont été entreprises, et aucune date butoir n'a encore été officiellement annoncée.

Conservation Biology a également découvert que 93 des espèces de poissons et de mammifères qui ne sont respectivement ni pêchées ou chassées, étaient sur la liste alors que seulement 17 de toutes les espèces de poissons et mammifères considérées comme étant en voie de disparition par le COSEPAC figuraient sur la liste des espèces en péril.

« Les exclus de la liste » indique que les poissons marins n'ont quasiment jamais été inscrits sur le registre. Le saumon coho du Fraser Intérieur a été désigné comme étant en péril en 2002, mais son ajout à la liste légale a été rejeté en avril 2006. La population de ce dernier a ensuite connu le plus faible taux de retour de toute l'histoire en été 2006.

Des espèces en danger telles que le caribou de Peary — qui est menacé par les changements climatiques et jugé en péril par le COSEPAC - sont sur le point de disparaître et ne peuvent se permettre d'attendre plus longtemps.

Aucune des espèces figurant dans « Les exclus de la liste » n'a été listée depuis mars 2010.

La Fondation David Suzuki recommande que le processus d'inscription sur la liste soit fondé sur la science, et que les dates butoirs du processus de consultation soit disponibles publiquement pour que le gouvernement soit obligé de mener des actions qui permettront aux espèces de se rétablir.

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