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Photo: La santé du fleuve et des citoyens est affectée par la navigation commerciale

Crédit : ragingwire via Flickr

Plus de 2 000 navires commerciaux en provenance des Grands Lacs passent chaque année à la hauteur de l'île de Montréal. Bon an, mal an, c'est environ 25 millions de tonnes métriques de marchandises qui transitent par le port de Montréal.

La voie maritime du Saint-Laurent, véritable « autoroute H20 », comprend 15 écluses et permet à des navires de 27 000 tonnes d'atteindre les Grands Lacs. Afin de permettre le passage de tels navires, un chenal de navigation de 12 m de profondeur et de 245 m de largeur a été creusé dans le Lac Saint-Pierre. Une des conséquences de ce dragage est de concentrer le débit au centre du lac, provoquant la stagnation de l'eau au bord des berges.

La navigation sur le Saint-Laurent exerce une pression sur les écosystèmes en contribuant à l'érosion des berges (batillage) et en affectant la qualité de l'eau. La navigation contribue à augmenter la turbidité, la dispersion de contaminants et, dans certains cas, à diminuer la quantité d'oxygène dissous (anoxie) dans l'eau, perturbant ainsi la faune qui se trouve dans les fonds marins (benthique) et entraînant la perte d'habitats naturels.

Par ailleurs, les variations des niveaux de l'eau, phénomène amplifié par les changements climatiques, affectent aussi la navigation. On s'attend donc à une diminution des niveaux d'eau de 1 m à la hauteur de Montréal et de 30 cm à Trois-Rivières d'ici 2050. Pour chaque 30 cm, les navires doivent réduire leur poids de 2 000 tonnes. Enfin, notons que le transport du pétrole représente 25% du fret international déchargé au Québec. Une exploitation possible d'hydrocarbures dans la partie québécoise du golfe du Saint-Laurent multiplierait les passages de pétroliers sur le fleuve et les risques qui y sont associés. N'oublions pas qu'il se produit déjà près de 200 déversements de produits pétroliers en provenance de navires chaque année dans le Saint-Laurent.

Malgré les défis associés à la navigation sur le Saint-Laurent, il n'en demeure pas moins que le transport maritime est celui qui a le moins d'impact sur l'environnement au plan de l'efficacité énergétique et des émissions de gaz à effet de serre.

Sources:

Michel Leboeuf, Rédacteur en chef Nature Sauvage
Thierry Gosselin, Ph.D. — Le Saint-Laurent, Notre Fleuve Vivant
Plan Saint-Laurent
La Presse

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