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Photo: L'air que nous respirons

(Crédit : John O'Sullivan via Flickr)

Il est gratuit, il est tout autour de nous et nous ne pouvons vivre plus de quelques minutes sans lui. Toutefois, nous prenons trop souvent pour acquis cet air que nous respirons.

La pollution atmosphérique est un terme général qui désigne la présence dans l'air de produits chimiques, de matière particulaire et de matière biologique ayant des répercussions néfastes sur la santé humaine, l'environnement et l'économie. Les types de polluants atmosphériques qui causent le smog urbain et les pluies acides (parfois appelés « principaux contaminants atmosphériques » ou « PCA ») comprennent les émissions suivantes :

  • le monoxyde de carbone (CO);
  • les oxydes d'azote (NOx);
  • les oxydes sulfureux (SOx);
  • les particules atmosphériques;
  • les composés organiques volatils (les COV); et
  • l'ozone troposphérique (O3) — un polluant secondaire né de la réaction des NOx et des COV.

Le smog urbain est un problème persistant dans plusieurs régions qui a se veut hautement dommageable pour la santé des Canadiennes et des Canadiens. Selon les plus récents indicateurs environnementaux, 5,5 des décès associés aux maladies cardio-pulmonaires (liés aux maladies du coeur et des poumons) sont attribuables à l'exposition à l'ozone troposphérique, cette dernière ayant augmenté au cours de la dernière décennie. Pendant la même période, l'exposition à des particules fines est demeurée inchangée (c.-à-d. que la situation ne s'est pas améliorée) et est responsable de 3 des décès associés aux maladies cardio-pulmonaires. L'Association médicale canadienne estime que la pollution atmosphérique du Canada est responsable chaque année de plus de 21 000 décès prématurés, 92 000 visites en salle d'urgence et 620 000 visites chez le médecin dans une année, et que le coût économique des maladies et des décès associés à la pollution de l'air au Canada se chiffre à plus de 8 milliards de dollars par année.

Le gouvernement des États-Unis a récemment adopté de nouvelles normes de qualité de l'air ambiant, mais les objectifs nationaux de qualité de l'air ambiant du Canada remontent aux années 1970.

Quelles sont les sources de pollution de l'air?

Les principaux contaminants atmosphériques proviennent de plusieurs sources communes, notamment la combustion de combustibles fossiles. Ces sources sont également les principaux responsables de l'effet de serre qui engendre les changements climatiques. Il va donc de soi que passer à l'action pour réduire la pollution atmosphérique serait bénéfique à tous. Voici quelques sources communes de pollution atmosphérique :

Les émissions industrielles

Environ la moitié de la pollution atmosphérique canadienne est produite par les grandes industries, y compris les systèmes de combustion industriels. Les émissions industrielles provenant des États-Unis contribuent également au smog urbain et aux pluies acides dans quelques régions du Canada. L'Ontario estime que la moitié de la pollution atmosphérique de la province est amenée par les vents soufflant des États-Unis (en anglais seulement).

Les centrales électriques alimentées au gaz ou encore chauffées au charbon

L'utilisation de combustibles fossiles pour produire de l'électricité est responsable pour une large part des émissions canadiennes de monoxyde de carbone, d'oxydes d'azote, d'oxydes sulfureux et d'émissions de particules fines. La production d'électricité s'avère être également une source considérable d'émissions de mercure. Ce dernier est un métal lourd toxique qui peut endommager le cerveau.

Les émissions des véhicules

Le transport représente l'une des plus grandes sources de pollution atmosphérique au Canada. Il s'agit d'une préoccupation spécifique aux régions urbaines denses avec la présence de plusieurs véhicules sur la route et de congestion routière intense.

La combustion de bois pour le chauffage ou l'élimination des déchets

Il s'agit là d'une source importante de particules atmosphériques dans certaines régions du Canada. Par exemple, en Colombie-Britannique (en anglais seulement), le chauffage au bois résidentiel est responsable d'environ 15 % du total des émissions de particules. Au Québec, il s'agit de la principale source d'émissions de particules fines provenant des activités humaines, à environ 47 %. De plus, le chauffage au bois libère également d'autres substances toxiques dans l'air si le bois a été traité avec des produits chimiques, de la colle ou de la peinture. Les poêles à bois et les foyers à mauvais rendement peuvent sérieusement compromettre la qualité de l'air dans les maisons, en plus de contribuer aux problèmes de pollution de l'air extérieur. Même les poêles à bois de technologie moins polluante émettent de fines particules dans l'air (en anglais seulement).

Comment vous protéger contre la pollution atmosphérique?

1. Surveillez les avis sur la qualité de l'air de votre localité. Environnement Canada a créé un indice de la qualité de l'air ayant pour but d'aviser le public pendant les périodes d'exposition élevée à l'ozone, le dioxyde d'azote et des matières particulaires. La Cote air santé (CAS) est un instrument d'information qui offre des conseils en vue de restreindre les activités physiques et en plein air lorsque la qualité de l'air est moindre.

2. Abstenez-vous de chauffer au bois. Si vous chauffez votre maison au bois, faites-le judicieusement (en anglais seulement)- optez pour un poêle à bois à faible taux d'émission ou un poêle à granules de bois. Recherchez les étiquettes d'homologation des normes CSA (Canadian Standard Association) ou EPA (Environmental Protection Agency) des États-Unis apposés au dos des appareils. Un poêle à bois non homologué peut émettre autant de pollution de particules fines en neuf heures qu'une voiture en une année complète (millage de 18 000 km). Ne brûlez jamais de déchets, de bois peint ou traité, de contreplaqué, de panneaux de particules, ni de bois humide ou pourri, car ceux-ci émettront des produits chimiques nocifs et des fines particules. Utilisez des méthodes autres que les barils d'incinération pour l'élimination de vos déchets. Les personnes âgées, les enfants et les personnes déjà atteintes de maladies cardiaques ou respiratoires devraient être prudentes et éviter de s'exposer à la fumée et aux autres sources de pollution atmosphérique.

3. Prenez d'autres moyens de transport, économiser l'énergie. Générer moins de pollution constitue l'un des meilleurs moyens de réduire notre exposition à ses effets néfastes.

4. Échangez votre vieille tondeuse à essence contre une tondeuse électrique ou manuelle. Les tondeuses à essence avec un moteur à deux temps peuvent produire autant d'émissions causant le smog en une heure qu'une voiture parcourant plus de 320 kilomètres!