Déclaration d'interdépendance

La Déclaration d'interdépendance exprime nos valeurs en tant qu'organisation. Elle a été écrite en 1992 dans le cadre du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro.

Ce que nous savons

Nous sommes la Terre, par les plantes et les animaux
     qui nous donnent notre nourriture.
Nous sommes les pluies et les océans qui coulent
     dans nos veines.
Nous sommes le souffle des forêts et les plantes de la mer.
Nous sommes des animaux-humains, reliés à toute vie,
     descendants de la cellule primordiale.
Nous partageons l'histoire de cette famille des vivants,
     inscrite dans nos gènes.
Nous partageons le présent, qui mine l'incertitude.
Nous partageons l'avenir, qui reste à inventer.
Nous ne sommes qu'une espèce parmi les trente millions
     qui tissent ce mince voile de vie enveloppant
     la planète.
La stabilité des communautés vivantes dépend
     de cette diversité.
Nous sommes les maillons des cette chaîne,
     consommant, purifiant, partageant et renouvelant
     les éléments fondamentaux de la vie.
Notre demeure, la planète Terre, ne peut fournir
     des ressources infinies, toute vie partage
     les richesses de la Terre et l'énergie du Soleil
     et ne peut donc connaître une croissance illimitée.
Pour la première fois, nous avons atteint les limites
     de cette croissance.
Quand nous mettons en péril l'air, l'eau, le sol
     et la diversité de la vie, nous volons l'infini à l'avenir
     pour satisfaire un présent éphémère.

Ce que nous croyons

Nous, humains, sommes désormais si nombreux et nos
     outils sont si puissants que nous avons causé l'extinction
     d'espèces sœurs, condamné les grandes rivières,
     abattu des forêts vénérables, empoisonné la terre,
     la pluie et le vent, et percé des trous dans le ciel.
Notre science nous a apporté douleur emmêlée
     de joie; la souffrance des multitudes est le prix
     de notre confort.
Nous apprenons de nos erreurs, nous pleurons
     nos frères et sœurs disparus et nous bâtissons
     maintenant une nouvelle politique de l'espoir.
Nous proclamons le droit absolu de tous à la pureté
     de l'air, de l'eau, du sol.
Nous jugeons inacceptables les activités économiques
     qui bénéficient à quelques-uns en dilapidant
     le patrimoine du plus grand nombre.
Et puisque la dégradation de l'environnement érode
     à jamais le capital biologique, toutes les équations
     de développement doivent tenir compte des coûts
     sociaux et écologiques.
Nous ne sommes qu'une génération dans la longue
     marche du temps, nous n'avons pas le droit d'effacer
     l'avenir.
Là où notre connaissance est incomplète, nous penserons
     à tous ceux qui marcheront après nous, et nous
     pécherons par excès de prudence.

Ce à quoi nous nous engageons

Faire désormais de ce que nous savons
     et de ce que nous croyons le fondement
     de notre façon de vivre.
À ce point tournant de notre relation avec la Terre,
     il nous faut évoluer
     de la domination vers le partenariat,
     de la fragmentation vers la connexion,
     de l'insécurité vers l'interdépendance.