Notre histoire

En 1989, David Suzuki, par le truchement de son émission de radio « It's a Matter of Survival », donnait l'alarme en nous informant sur le piètre état de notre planète Terre. La réaction des auditeurs troublés fut sans équivoque : David Suzuki reçut plus de 17 000 lettres demandant conseil sur les actions à mener pour éviter la catastrophe.

tara-david.JPGPlusieurs personnes demandèrent alors à David Suzuki et Tara Cullis de créer une nouvelle organisation orientée vers la recherche de solutions. C'est alors qu'un groupe de penseurs et d'activistes se réunirent sur l'île Pender (C.-B.). Au terme de cette réunion tenue au mois de novembre, les bases étaient posées pour ce qui allait devenir une étape importante dans l'histoire de la Fondation. Quelques réunions plus tard, soit le 14 septembre de la même année, la Fondation David Suzuki voyait le jour après avoir été incorporée.

Tara nous décrit ci-après l'évolution de la Fondation depuis sa création.

Les premiers projets internationaux

Comme les fonds pour nos projets nous permettaient d'accomplir davantage à l'étranger qu'au pays, il était normal pour la Fondation de prioriser nos projets à l'internationale. Nous avons alors travaillé avec les Ainus du Japon, pour protéger le saumon, ainsi qu'avec les autochtones de Colombie et l'ethnie Kayapo du Brésil. Nous avons ensuite effectué des travaux de recherche au sujet d'un projet de barrage en Australie et avons collaboré avec les gens de la nation Hesquiat de l'Île de Vancouver, afin de régénérer une pêcherie de palourdes. Dans le cadre de chacun de ces projets, notre approche consistait à privilégier l'association avec les populations locales afin de développer de nouveaux modèles d'économie et de développement des communautés.

Nous avions besoin de principes-guides afin de bien orienter la Fondation. C'est en groupe que nous avons alors rédigé la « Déclaration d'interdépendance ». Au Sommet de la Terre de Rio, des extraits de notre déclaration ont été intégrés à des textes d'autres organisations du monde entier lors de la création du « Chapitre de la Terre », chapitre dont la liste d'adhérents continue toujours de s'allonger.

Le Canada au centre de nos activités

Au fil du temps, nous avons appris comment lever des fonds et bâtir graduellement notre famille de donateurs engagés, dont plusieurs font partie aujourd'hui de nos partenaires enthousiastes. Leur confiance nous a alors permis de nous attaquer aux problématiques nationales, que ce soit sur les questions des pêcheries, de la foresterie ou de la durabilité. Les pêcheries furent le sujet de notre premier livre, Dead Reckoning, écrit par Terry Glavin, qui fut suivi d'un second, L'Équilibre sacré ( The Sacred Balance, titre original ), écrit cette fois par David Suzuki. À ce jour, nous avons publié plus de 40 ouvrages, tous en collaboration avec les éditions Greystone et Boréal.

En 1996, nous avons démarré à plein régime notre travail sur les changements climatiques, en publiant cinq rapports en vue de la conférence de Kyoto de 1997. Nous avons aussi établi des partenariats avec les Premières nations Musqueam afin de lancer le projet de restauration du bassin versant Musqueam, dernier cours d'eau à saumon de Vancouver.

Entre-temps, nos travaux en foresterie et pêcheries ont mené au lancement du très ambitieux projet « Pacific Salmon Forests Project », le tout en collaboration avec les communautés de la côte nord ouest et de la nation Haïda Gwaii. Nous avons par la suite publié un guide qui a fait autorité sur l'exploitation forestière, des exposés sur la surexploitation du bois de cèdre ainsi qu'un rapport annuel sur la « forêt pluviale » canadienne (superficie des zones de coupe à blanc, gestion des cours d'eau à saumon, etc.).

L'évolution de notre travail

Notre équipe en charge du dossier des changements climatiques a ensuite élargi son mandat pour y inclure la santé, en collaborant avec des médecins soucieux de la qualité de l'air, tout en vulgarisant des solutions énergétiques et en exerçant, avec succès, des pressions sur le gouvernement canadien pour l'amener à ratifier le Protocole de Kyoto. Nous avons aussi uni les voix de skieurs olympiques et de joueurs de la LNH afin de promouvoir la carbo-neutralité. En outre, nous avons travaillé de concert avec les gouvernements pour qu'ils appuient les énergies renouvelables et la taxe sur le carbone.

Notre travail s'est diversifié : protection des espèces menacées, aide aux gouvernements pour le bannissement des pesticides, recherches sur les contaminants du saumon d'élevage, contestation de l'extraction de gravier de la rivière Fraser, et travail auprès de chefs pour une transition vers la consommation de fruits de mer durables.

Désireux d'adopter un style de vie « vert », le public commençait à nous demander régulièrement des conseils, ce qui nous a amenés à créer le Défi nature; une chronique offrant des solutions pour aider l'environnement au quotidien. Nous sommes ensuite passés au jardin avec « Parterres vraiment verts » et sommes entrés dans les foyers grâce à notre « Queen of Green » et ses conseils portant autant sur le savon à lessive que sur les mariages verts.

Nous avons aussi traité d'économie en évaluant la véritable valeur des ceintures vertes, des terres agricoles, de la pollinisation et d'autres services rendus par les écosystèmes. Nous avons publié un très populaire guide indiquant aux entreprises comment il leur est possible de réduire leur impact environnemental.

Où nous en sommes aujourd'hui

La Fondation David Suzuki est aujourd'hui une organisation nationale bilingue. En plus de notre siège social à Vancouver, nous avons maintenant pignon sur rue à Montréal, ainsi que des employés en poste à Ottawa et Toronto.

Vingt ans après la première réunion sur l'île Pender et 17 ans après avoir rédigé la Déclaration d'interdépendance, la Fondation David Suzuki est devenue une organisation forte et compétente. Des donateurs engagés, des employés déterminés et des bénévoles talentueux ont fait du rêve de l'île Pender une réalité.