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COMMUNIQUÉ — L'évaluation du glyphosate par Santé Canada inadéquate, soutiennent des groupes environnementaux

Le 28 avril 2017 | Affiché dans

L'utilisation répandue d'un des pesticides les plus vendus au monde continuera au Canada, malgré des inquiétudes internationales au niveau de risques pour la santé et l'environnement

OTTAWA — Santé Canada a omis des preuves scientifiques crédibles dans sa réévaluation du pesticide le plus utilisé au monde, le glyphosate, selon sa décision rendue aujourd'hui d'octroyer une homologation continue au Canada.

Le glyphosate est l'ingrédient actif de l'herbicide Roundup vendu par Monsanto et également utilisé dans des centaines de formulations d'autres pesticides vendus par les plus grands manufacturiers agrochimiques.

« L'utilisation répandue du glyphosate contamine l'environnement ainsi que les aliments que nous consommons, affirme Louise Hénault-Éthier, chef des projets scientifiques pour la Fondation David Suzuki. Les études démontrent que le glyphosate persiste dans l'environnement et que les zones tampons comme les bandes riveraines végétalisées ne sont pas nécessairement efficaces pour prévenir la dérive dans les cours d'eau. De plus, l'Agence canadienne d'inspection des aliments rapportait il y a deux semaines qu'un tiers de nos aliments contiennent des résidus de glyphosate », conclut Mme Hénault-Éthier.

Le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l'OMS, classifie le glyphosate comme étant « probablement cancérogène pour l'humain ». Plusieurs chercheurs considèrent aussi les herbicides à base de glyphosate comme des perturbateurs endocriniens.

« La réévaluation du glyphosate est particulièrement inquiétante puisque son utilisation augmente à un taux alarmant au Québec. Cette utilisation est étroitement liée à l'accroissement des cultures génétiquement modifiées tolérantes au glyphosate », déclare Thibault Rehn, Coordinateur de Vigilance OGM.

Le glyphosate jouerait un rôle dans le déclin rapide des populations de papillons monarques. L'utilisation envahissante du glyphosate a fortement réduit la présence des asclépiades dans les régions cultivant le maïs et le soja en Amérique du Nord. Les asclépiades sont la seule source d'alimentation pour les larves des papillons monarques.

Des études scientifiques démontrent que les pesticides à base de glyphosate, ajoutés à d'autres substances chimiques dans la formulation, sont souvent plus toxiques que le glyphosate à lui seul. Or, l'évaluation de Santé Canada n'a pas considéré ces effets synergiques dans son évaluation du glyphosate.

« Le glyphosate est utilisé dans plus de 180 produits antiparasitaires vendus au Canada, en combinaison avec plusieurs autres substances chimiques, incluant des pesticides, souligne Elaine MacDonald, directrice des programmes Communautés Saines chez Écojustice. Or, Santé Canada n'a pas considéré le risque cumulatif potentiel des produits antiparasitaires vendus au Canada qui combinent d'autres produits chimiques comme des surfactants ou encore d'autres ingrédients actifs de pesticides », ajoute Mme MacDonald.

« Nous sommes très préoccupés par les changements annoncés aujourd'hui aux étiquettes sur les pesticides contenant du glyphosate, affirme Annie Bérubé, directrice des relations gouvernementales chez Équiterre. Santé Canada admet aujourd'hui qu'il y a des risques associés à l'utilisation du glyphosate qui méritent des changements à l'étiquetage. Toutefois, nous soutenons que la responsabilité de réduire les risques du glyphosate ne doit pas être imposée aux utilisateurs de ces produits seulement par l'entremise d'étiquettes. Santé Canada est responsable de limiter les risques que posent les pesticides sur la santé et l'environnement et les instructions sur l'étiquetage ne sont pas suffisantes ».

La Commission européenne a recommandé des restrictions sur certaines utilisations du glyphosate et va réévaluer son approbation du glyphosate prochainement.

Équiterre, Écojustice et la Fondation David Suzuki exigent que Santé Canada reconsidère sa décision et demandent que le ministère ait recours au principe de précaution pour restreindre certaines utilisations du glyphosate, compte tenu des preuves de dommage de ce pesticide. Les groupes exigent également que le gouvernement fédéral désigne le papillon monarque comme espèce menacée sous la Loi sur les espèces en péril, suite à l'évaluation récente du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Ils demandent également une restriction immédiate de l'utilisation du glyphosate dans l'habitat du papillon monarque.

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Pour plus d'information :

Manon Dubois
Fondation David Suzuki
mdubois@davidsuzuki.org
514 679-0821

Dale Roberston
Équiterre
drobertson@equiterre.org
514 605-2000

Dre Elaine MacDonald
Ecojustice
emacdonald@ecojustice.ca
416 368-7533, poste 527
Cell 416 564-4400

Thibault Rehn
Vigilance OGM
contact@vigilanceogm.org
514 582-1674

COMMUNIQUÉ — L'augmentation des investissements de la CDPQ dans les énergies fossiles contredit la science du climat et le bon sens économique

Le 28 avril 2017 | Affiché dans

Montréal - L'accroissement en 2016 des investissements directs et indirects de la Caisse de de dépôt et placement du Québec (CDPQ) dans les secteurs de production et de transport d'énergies fossiles va à l'encontre de l'Accord de Paris et de la science du climat en plus d'éloigner le Québec et le Canada des solutions à la crise des changements climatiques et d'exposer l'ensemble des épargnants à des risques financiers accrus.

«Nous avons assisté ces derniers mois à des radiations d'actifs, des ventes et des désinvestissements au niveau des sables bitumineux. Pendant ce temps, la Caisse fait le choix d'endosser l'exploitation ainsi que le transport de cette ressource polluante et chère à exploiter. On ajoute même qu'à moyen terme, le pétrole et le gaz sont là pour de bon», a déclaré Sébastien Collard, porte-parole du mouvement Recycle ta Caisse. «Considérant que l'éclatement de la bulle du carbone survient au début de la transition technologique et énergétique et que celle-ci est bien amorcée, ce choix fait peur. Moi, je parle aux travailleurs et je vous dis qu'ils comprennent que le rendement économique ira de pair avec la réussite de cette transition. A-t-on demandé aux cotisants leur avis avant de faire ce pari risqué?»

Selon les Renseignements additionnels au Rapport annuel 2016 mis en ligne cette semaine, la CDPQ a fait passer ses investissements dans la société albertaine Enbridge de 627,6 à 930,6 millions de dollars, soit une augmentation de 48%. Dans le cas de TransCanada, les investissements de la Caisse ont grimpé de 66%, passant de 619 millions à 1,02 milliard de dollars. Le scénario est semblable pour Pembina Pipeline Corporation (294 à 511 millions, soit +74%) et l'américaine Spectra Energy (17 à 47 millions, soit +176%).

« Alors que la crise climatique s'aggrave, les investissements accrus de la CDPQ dans des infrastructures du secteur des énergies fossiles ont pour effet de verrouiller des émissions de GES additionnelles pour des décennies. Cette orientation est incompatible avec l'Accord de Paris qui requiert exactement le contraire », affirme Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

Les investissements massifs dans le secteur des énergies fossiles du deuxième plus grand fonds public de pension au pays exposent l'épargne de ses cotisants au risque d'éclatement de la bulle de carbone et d'intensification des évènements climatiques extrêmes. Il est déjà estimé que la CDPQ a subi des pertes de 7,2 milliards $ en raison de ses investissements dans le secteur des énergies fossiles depuis le début de la décennie.

Selon Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace, «la Caisse va complètement à contrecourant de la tendance mondiale et de la volonté des Québécois quand elle finance des projets d'hydrocarbures qui accélèreront la crise climatique. Le bas de laine des Québécois ne doit pas devenir le banquier public des changements climatiques en finançant des projets comme les pipelines qui menacent également l'eau potable et vont à l'encontre des droits des Premières Nations.»

«On parle ici d'un autre 977 millions de dollars qui nous appartiennent et qui sont allés financer les projets de pétrolières quand, en toute logique, ils auraient pu servir à accélérer la transition énergétique urgente dont on a besoin pour éviter le pire. Si la CDPQ s'entête à affirmer qu'elle ne fait que remplir sa mission d'obtenir de bons rendements pour ses épargnants, alors que le temps est venu de revoir cette mission et de l'ajuster aux réalités climatiques du XXIe siècle », ont affirmé les trois organisations derrière le mouvement Sortons la Caisse du Carbone. (1)

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Pour plus d'information:
Diego Creimer, Fondation David Suzuki, 514-999-6743 dcreimer@davidsuzuki.org
Patrick Bonin, Greenpeace Canada, 514-594-1221
Sébastien Collard, Recycle ta Caisse, 418-575-6147

(1) Le mouvement Sortons la Caisse du carbone, qui a déjà reçu l'appui de quelque 7500 personnes, est soutenu par la Fondation David Suzuki, Recycle ta Caisse et Greenpeace Canada.

COMMUNIQUÉ — Pétrole et gaz de schiste: les fuites de méthane ont été grandement sous-estimées

Le 26 avril 2017 | Affiché dans

FAITS SAILLANTS - Étude FDS et SFX émissions de méthane.pdf

Montréal - Une nouvelle étude scientifique conclut que les émissions de méthane du secteur de la fracturation hydraulique du gaz et pétrole en Colombie-Britannique sont au moins 2,5 fois plus importantes que les estimations du gouvernement.

L'étude menée par la Fondation David Suzuki et l'Université St. Francis Xavier est une première en son genre, et comporte des observations des émissions fugitives de méthane sur place, à grande échelle et sur une longue période de temps. Les conclusions de l'étude viennent souligner l'importance de freiner les émissions de méthane immédiatement. Elles s'inscrivent en faux contre la récente décision du gouvernement fédéral de retarder l'adoption de réglementations plus sévères dans ce secteur.

« Notre recherche, rigoureusement vérifiée par d'autres scientifiques, démontre que les opérations de fracturation hydraulique pour produire du gaz naturel au Canada émettent beaucoup plus de méthane que ce qui était jusqu'à maintenant estimé par les provinces, explique Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki. La science est claire : le méthane est un gaz 84 fois plus puissant que le CO2, et son élimination est l'une des manières les moins coûteuses de lutter contre les changements climatiques. »

Sur une période de 20 ans, le méthane est un gaz à effet de serre 84 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Les scientifiques s'entendent pour dire que le méthane est responsable de 25 % des changements observés dans le climat de la Terre, ce qui fait de ce gaz une priorité absolue en termes de lutte aux changements climatiques.

L'étude de la Fondation montre qu'à elle seule, la région de Montney en Colombie-Britannique laisse s'échapper dans l'atmosphère plus de 100 000 tonnes de méthane par année. C'est 2,5 fois le chiffre déclaré par le gouvernement, et cela équivaut à brûler 4,5 millions de tonnes de charbon, ou encore à ajouter deux millions d'autos sur les routes. Ces chiffres indiquent clairement que le gaz de schiste, plutôt que d'être un combustible de transition, peut en fait rendre encore plus difficile l'atteinte des objectifs climatiques du Canada et des provinces.

Un autre rapport de l'organisation Environmental Defence publié aujourd'hui présente des résultats tout aussi inquiétants quant à l'industrie du gaz naturel de l'Alberta.

Au Québec, la récente adoption du projet de loi 102 signe de facto l'arrêt de mort du fragile moratoire non officiel sur l'exploitation de gaz de schiste.

« Voilà une preuve de plus que le Québec doit fermer définitivement la porte à l'industrie du gaz de schiste. Le développement de cette industrie au Québec mettrait en péril l'atteinte de nos objectifs de lutte aux changements climatiques, affirme M. Mayrand. Le Québec table sur un usage accru du gaz naturel pour atteindre ses objectifs climatiques. Les données scientifiques publiées aujourd'hui démontrent que les émissions fugitives au site de production du gaz naturel peuvent annuler les réductions d'émissions réalisées ici au Québec, avec un bilan nul ou négatif pour le climat. Le Québec doit privilégier des sources de gaz naturel à faible émission, à commencer par le biogaz », conclut Karel Mayrand.

À la lumière de ces dernières données, la Fondation exhorte le gouvernement fédéral à prendre les mesures nécessaires dès aujourd'hui pour éliminer complètement les émissions de méthane de l'industrie du gaz et pétrole d'ici 2030, et Québec d'annuler définitivement tout projet d'exploration et d'exploitation de la ressource sur son territoire.

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Pour plus d'information:
Diego Creimer, spécialiste, communications et affaires publiques 514 999-6743
dcreimer@davidsuzuki.org

La recherche
En 2015 et 2016, des chercheurs de l'université St. Francis Xavier et de la Fondation David Suzuki ont effectué la mesure au sol la plus exhaustive des émissions de méthane jamais réalisée au Canada. Les scientifiques ont parcouru plus de 8 000 km dans des véhicules équipés d'instruments de détection de gaz (camions renifleurs), et examiné plus de 1 600 plateformes d'exploitation et installations. Les résultats ont été publiés dans le journal scientifique Atmospheric Chemistry and Physics Discussions et font actuellement l'objet d'un dernier examen. Ces documents de recherche représentent la première étude sur le terrain d'émissions fugitives dans le secteur de l'énergie au Canada.

Les chercheurs de la Fondation David Suzuki sont retournés sur le terrain en 2016 pour recueillir des mesures de la pollution par le méthane directement des sites de puits et des installations. Les résultats obtenus corroborent les données des relevés réalisés avec l'équipement roulant, conjointement par l'université St. Francis Xavier et la Fondation David Suzuki en 2015, et ont permis de détecter des puits abandonnés fuyants, dont l'obturation et la remise en état étaient déficientes.

RÉACTION — Du glyphosate détecté dans 30% des aliments testés par l'agence canadienne d'inspection des aliments

Le 14 avril 2017 | Affiché dans

Montréal - À la suite de la publication du rapport de l'Agence Canadienne d'Inspection des Aliments dans lequel on affirme avoir trouvé des résidus de glyphosate dans 47% des légumineuses, 37% des produits céréaliers et 31% des aliments pour enfants testés, Louise Hénault-Ethier, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki et membre du Collectif de Recherche sur les pesticides, les politiques publiques et les alternatives, a déclaré:

«Il est étonnant qu'un rapport décrivant des tests sur 3 188 échantillons d'aliments tienne sur 4 pages de texte. L'ACIA manque de transparence, ce qui mine la confiance des citoyens.»

Dans 4% des produits céréaliers, les concentrations mesurées excédaient les limites maximales de résidus et au total, l'ACIA avance que 98.7% des aliments testés sont conformes.

Un récent article issu du monde agricole (The Western Producer) semblait s'étonner du peu d'informations divulguées par l'ACIA dans son rapport sur le glyphosate et du secret industriel entourant ces évaluations.

Étonnamment, pour l'herbicide le plus utilisé au Canada, aucun suivi des concentrations de glyphosate dans les aliments n'a été publié par l'ACIA avant 2017. Aux États-Unis, le Detox Project publiait en novembre 2016 que le glyphosate est présent même dans des produits de consommation courante comme les céréales Cheerios (1,1 ppm) et les biscuits Oreo (0,3 ppm). L'Agence américaine de protection de l'environnement aurait récemment discrètement abandonné l'évaluation du glyphosate prévue dans les aliments selon un article du Huffington Post.

Autre fait intéressant, on peut voir dans le rapport de l'ACIA que les limites maximales de résidus (LMR) acceptables varient en fonction des aliments testés, oscillant entre la limite générale de 0.1 ppm jusqu'à 10 ppm pour l'orge et 20 ppm pour le soya.

«En fait, les limites maximales de résidus sont déterminées en fonction des bonnes pratiques agricoles et ne reflètent pas d'emblée leur potentiel toxicologique. Ainsi, les LMR reflètent ce qu'on s'attend à voir à la sortie de champ si les instructions sur l'étiquette d'un pesticide ont été respectées», explique Louise Hénault-Ethier. Santé Canada doit juger si les LMR causent un risque inacceptable pour la santé humaine lors du processus d'homologation des pesticides.

Ce rapport de l'ACIA fait état des concentrations de glyphosate et de l'acide aminométhyle phosphonique (AMPA, un produit de dégradation du glyphosate). On n'y décrit pas les teneurs des autres produits qui synergisent la toxicité du glyphosate, présents dans les formulations appliquées au champ. On n'y indique pas non plus les concentrations d'autres pesticides retrouvés simultanément sur ces aliments, puisque contrairement aux autres rapports de l'ACIA sur les pesticides dans les aliments, ce dernier rapport détaille le glyphosate isolément.

«Comme les produits réellement appliqués au champ peuvent avoir une toxicité différente de la substance active seule, et comme il peut y avoir des interactions entre différents pesticides, l'ACIA devrait publier ces résultats d'analyse de glyphosate conjointement aux teneurs mesurées de co-formulants ou d'autres pesticides», conclut Louise Hénault-Ethier.

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Pour plus d'information :
Diego Creimer, communications, dcreimer@davidsuzuki.org 514-999-6743
Louise Hénault-Ethier, chef des projets scientifiques, lHenault-Ethier@davidsuzuki.org 514-713-6839

Backgrounder :

Santé Canada devait annoncer en mars 2017 sa décision de ré-homologuer le glyphosate, l'ingrédient actif entrant dans la composition du populaire Roundup. Cet herbicide, le plus vendu au Canada et au monde, est classé comme cancérigène probable chez l'humain selon le Centre international de recherche sur le cancer — l'agence spécialisée de l'Organisation mondiale de la Santé sur la question du cancer -, une donnée que Santé Canada n'a pas reconnue dans son évaluation préliminaire du glyphosate. Récemment, des allégations de fraude et d'influence de l'industrie sur les gouvernements encadrant l'homologation du glyphosate ont été mises au grand jour.

La contamination par le glyphosate est omniprésente dans les eaux de surface et les concentrations sont à la hausse dans les cours d'eau des régions agricoles depuis les dernières années. Le glyphosate est aussi breveté comme antibiotique par Monsanto, signe qu'il pourrait affecter la flore microbienne du système digestif humain et des sols agricoles, et qu'il pourrait contribuer à la résistance croissante aux antibiotiques.

Le rapporteur spécial au droit à l'alimentation de l'ONU a conclu en janvier 2017 que les pesticides posent un risque inacceptable pour les populations, que les gouvernements sont influencés par les industries dans leur décision d'encadrer les pesticides, et que ces pesticides présentés comme essentiels à alimenter une population mondiale grandissante étaient en fait remplaçables par des pratiques de culture alternatives et plus sécuritaires.

Le glyphosate est une substance active aux propriétés herbicides à large spectre. Depuis les années 90, son utilisation est fortement corrélée à l'expansion des cultures génétiquement modifiées pour y résister, comme le maïs et le soya. Bien que l'ARLA soutienne que cet herbicide se décompose rapidement et a un faible potentiel de lessivage vers les milieux aquatiques, plusieurs recherches soutiennent qu'il est au contraire persistant, qu'il contamine presque toutes nos eaux de surface en milieu agricole, et qu'il peut même se retrouver dans les eaux souterraines.

L'évaluation du glyphosate repose principalement sur des tests toxicologiques de la substance active, et non de l'impact réel des produits de formulation qui en contiennent. Ces produits à base de glyphosate ont une toxicité largement accrue au glyphosate utilisé seul, selon des données scientifiques connues depuis longtemps.

Le glyphosate serait présent dans l'urine de 100% des 30 volontaires récemment testés selon une étude française de Générations Futures publiée la semaine dernière. Selon une étude du Children's Environmental Health Network en cours, une hausse du glyphosate dans l'urine des mères enceintes pourrait réduire la durée des grossesses et entraîner de plus faibles poids à la naissance.

Le glyphosate n'est pas ciblé par la stratégie phytosanitaire québécoise. La Fondation David Suzuki et Équiterre ont participé au processus de consultation lors de la phase de commentaires du projet de décision de la ré-homologation du glyphosate en 2015.

RÉACTION — Budget 2017-2018 du gouvernement du Québec : La Fondation David Suzuki accueille favorablement l'annonce d'un virage vers la mobilité durable

Le 28 mars 2017 | Affiché dans

Québec - À la suite du dépôt du budget 2017-2018 du gouvernement du Québec, la Fondation David Suzuki accueille avec satisfaction les mesures annoncées en faveur des transports collectifs et de la mobilité durable. Ces mesures sont essentielles à l'atteinte des objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) et de réduction de la consommation de pétrole du Québec à l'horizon de 2030.

Parmi les mesures structurantes en faveur des transports collectifs, la Fondation David Suzuki note le soutien aux projets de Réseau électrique métropolitain, de prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et de réalisation du Service rapide sur bus (SRB) dans la région de Québec. La Fondation accueille aussi avec satisfaction l'objectif annoncé d'augmenter de 10% l'offre de transports collectifs et de 5% l'achalandage à l'horizon 2021-2022 par un investissement de 333 millions $ additionnels. Sur le plan des immobilisations, le budget accroît significativement les investissements en transports collectifs qui représenteront maintenant les deux tiers des ajouts et améliorations dans le secteur des transports.

«Avec un parc automobile qui croît à un rythme deux fois plus rapide que la population et des coûts de congestion en progression constante, le Québec se devait d'agir en mobilité durable», affirme Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

Rappelons que les coûts de la congestion routière atteignaient près de 2 G$ en 2013. Selon le gouvernement, les investissements en transports collectifs vont générer 5,8 G$ en retombées économiques et permettre de créer ou maintenir 6500 emplois.

«Un dollar investi en transports collectifs génère 2,7 fois plus de retombées économiques que le même dollar investi dans les routes, tout en réduisant la congestion. Investir dans les transports collectifs est une solution gagnante pour l'économie, l'environnement et la qualité de vie des gens.»

Le budget 2017-2018 annonce également le dévoilement au cours de la prochaine année d'une politique de mobilité durable. La Fondation David Suzuki se réjouit de cette annonce attendue depuis maintenant cinq ans. «Nous offrons notre entière collaboration au gouvernement pour contribuer à l'élaboration de cette politique. Le temps presse, nous espérons que les travaux s'amorceront le plus rapidement possible», conclut Karel Mayrand.

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Pour plus d'information:
Diego Creimer, Communications, 514-999-6743 dcreimer@davidsuzuki.org