Un rapport de la Fondation David Suzuki somme les gouvernements à intensifier leurs efforts pour atténuer ce gaz cancérigène dans l'air intérieur

Montréal — Santé Canada se doit de renforcer sa ligne directrice au sujet du radon afin de mieux protéger la population canadienne contre ce gaz radioactif, selon un rapport publié aujourd'hui par la Fondation David Suzuki. Naturellement présent dans le sol, le radon peut s'infiltrer et s'accumuler dans les bâtiments, pour ainsi atteindre des concentrations élevées à l'intérieur de ceux-ci. Bien que le Centre international de recherche sur le cancer classe le radon comme étant un cancérogène reconnu chez les humains, moins de la moitié de la population canadienne connaît ce gaz, et une proportion encore moindre sait qu'il pose un risque pour la santé.

« La ligne directrice nationale se doit de protéger la population canadienne de ce danger pour la santé », a déclaré Lisa Gue, chercheuse et analyste principale à la Fondation David Suzuki. « Comment se fait-il que la ligne directrice de Santé Canada tolère une limite de présence de radon deux fois plus élevée que le niveau recommandé par l'Organisation mondiale de la santé? », se questionne-t-elle.

En effet, La ligne directrice de Santé Canada sur le radon, adoptée en 2007, est de 200 becquerels par mètre cube (le Bq/m3 est une mesure de radioactivité). Pourtant, en se basant sur de récentes études qui démontrent que le radon cause un nombre important de cancers, même à des concentrations plus faibles que 200 Bq/m3, l'Organisation mondiale de la santé recommande aux pays d'établir une norme de 100 Bq/m3. Pour sa part, la Fondation David Suzuki a déterminé que les pays chefs de file en la matière ont revu leurs normes au cours de la dernière décennie; plusieurs d'entre eux ont désormais pour objectif d'atteindre des niveaux inférieurs à 100 Bq/m3.

Le rapport recommande donc que le Canada emboîte le pas à ces pays en réduisant le seuil de tolérance de la présence de radon et en adoptant des mesures complémentaires pour garantir le respect de la nouvelle norme, incluant :

• la prévention, le dépistage et l'atténuation du radon (lorsque nécessaire) dans les garderies, les écoles, les hôpitaux et autres édifices publics;
• l'intégration et l'application de mesures de prévention du radon dans les codes du bâtiment des provinces et des territoires;
• l'octroi de subventions et d'incitatifs gouvernementaux pour encourager les propriétaires résidentiels à dépister le radon et à appliquer des mesures d'atténuation, lorsque nécessaire; et
• l'évaluation et l'application d'approches novatrices pour rendre le radon « visible », telles que la nouvelle obligation d'installer des moniteurs numériques de radon dans les domiciles et les édifices publics.

La Fondation encourage également les particuliers à tester les concentrations de radon dans leur domicile. On peut se procurer un détecteur de radon dans certaines quincailleries, ou auprès d'entreprises spécialisées dans le dépistage et l'atténuation du radon, ou en communiquant avec l'Association pulmonaire du Québec.

« Le radon constitue la deuxième cause du cancer du poumon après le tabagisme, et provoque jusqu'à 16 pour cent des décès causés par ce cancer au Canada », a fait valoir Dominique Massie, directrice générale de l'Association pulmonaire du Québec. « La seule façon de déterminer si vous êtes aux prises avec un problème de radon est d'effectuer un test. Si les concentrations sont élevées, il y a moyen de les abaisser. Mais la première étape est d'abord de faire le test! »

La Fondation David Suzuki publie ce rapport à l'occasion de la conférence de l'Association canadienne des scientifiques et technologues du radon (ACSTR) (2015), qui se déroule à Vancouver cette semaine.

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Téléchargez le rapport de la Fondation David Suzuki au www.davidsuzuki.org/fr/publications/rapports/
Pour en savoir davantage sur le radon, visitez le http://www.pq.poumon.ca/.

Source : Fondation David Suzuki

Renseignements :
Ève Cardinal
Spécialiste des communications (Québec)
Fondation David Suzuki
Tél. : 514 871-4932, poste 1458
Cell. : 438-380-6584
ecardinal@davidsuzuki.org

Dominique Massie,
Directrice générale
Association pulmonaire du Québec
Tél. : 514.287.7400 poste 224
Cell. : 514.975.5382

28 avril 2015