Vive le BBQ vert ! | Médias
Photo: Vive le BBQ vert !

(Crédit: whatsthatpicture via Flickr)

J'aime depuis toujours les grillades et le BBQ, ce qui est un peu atypique pour un écologiste... Cuisiner dehors, avec le feu, comme les premiers hommes des cavernes. Renouer avec l'homme primitif. Apportez-moi une cuisse de Mammouth et je m'en occupe! Lorsque la saison du BBQ s'ouvre, on peut me trouver dehors, près du BBQ, en train d'essayer d'éteindre mes saucisses en feu. Disons que je n'ai pas le talent de Stefano Faita.

Mais récemment j'ai commencé à avoir des doutes sur la consommation de viande. Ne vous inquiétez pas : je ne deviendrai pas végétarien demain matin. Je m'explique.

Quand nous étions quelques milliers à chasser le mammouth et à le faire cuire, ce n'était pas si mal, mais aujourd'hui que nous sommes au-delà de 7 milliards, la consommation de viande à grande échelle devient un problème.



Nous sommes de plus en plus nombreux et notre diète inclut de plus en plus de viande. Les nord-américains ont lancé le modèle qui est maintenant suivi par tous. Alors que leur niveau de vie augmente, les Chinois, les Indiens et les autres pays en développement consomment de plus en plus de viande. Résultat : à travers le monde, 10 milliards de bêtes sont élevées et abattues chaque année pour répondre à la demande. À cette échelle les choses se corsent.

Le bœuf trône au sommet de cette pyramide. La production de chaque kilo de bœuf consomme plus de 15 000 litres d'eau, soit la quantité d'eau que l'on consomme pour 250 douches. Chaque kilo de bœuf produit 36 kilos de gaz à effet de serre, soit l'équivalent d'un aller simple Québec-Montréal en auto. Chaque kilo de bœuf requiert 6 fois plus de grain, c'est ce qui fait que la production de bétail accapare plus 80% des terres agricoles et la moitié de la consommation d'eau aux États-Unis. Évidemment la production de bétail à grande échelle est une source importante de pollution de l'eau.



Une étude des Nations Unies a démontré que les émissions totales de gaz à effet de serre reliées à la production de viande représentent 18% des émissions mondiales, soit plus que toutes les automobiles de la planète, en raison de la déforestation qu'elle occasionne. La production de bétail et de soya pour nourrir ce bétail au Brésil a fait perdre 600 000 km2 de forêts depuis 25 ans. C'est comme ça qu'on transforme les forêts en burgers. Ta-daaa !



Alors on fait quoi ? On vire tous au tofu ? Pas nécessairement.

En y réfléchissant un peu, on réalise qu'en réduisant sa consommation de bœuf de deux gros T-Bones, on économise autant d'eau que 250 douches, on réduit nos émissions polluantes d'un trajet Montréal-Québec, et on sauve plusieurs hectares de forêts et de cours d'eau. Ce n'est pas un gros sacrifice à faire. La clé est d'en faire une habitude.

Les médecins nous le disent depuis des années : il faut réduire notre consommation de viande rouge. Les scientifiques de l'environnement nous disent la même chose. La solution consiste à substituer au bœuf des viandes moins polluantes comme la volaille, à consommer plus de poisson et à servir un repas sans viande à chaque semaine.

Ça laisse du beau BBQ en vue pour l'homme des cavernes en moi !

29 juillet 2009