Le Canada peut lutter contre les changements climatiques tout en prospérant économiquement | Médias

Réductions marquées, croissance solide : Analyse économique démontrant que le Canada peut assurer sa prospérité économique tout en faisant sa part pour prévenir les changements climatiques dangereux

Poznan, Pologne — Le Canada peut jouer un rôle de chef de file dans la lutte contre les changements climatiques tout en assurant une vigoureuse croissance de l'économie et de l'emploi. C'est la conclusion d'une étude pionnière qui a été rendue publique aujourd'hui.

Réductions marquées, croissance solide : Analyse économique démontrant que le Canada peut assurer sa prospérité économique tout en faisant sa part pour prévenir les changements climatiques dangereux démontre que les gouvernements — particulièrement à Ottawa — ne peuvent plus prétendre que la lutte contre les changements climatiques se traduit par des pertes d'emplois et une diminution du niveau de vie.

Cette étude a été commandée par l'Institut Pembina et la Fondation David Suzuki et les travaux de modélisation ont été confiés à M.K. Jaccard and Associates Inc. Voici quelques-unes des principales conclusions :

  • L'économie canadienne pourra croître de près de 20 au cours de la prochaine décennie pendant que le pays réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 25 par rapport à leurs niveaux de 1990.
  • Le Canada continuera de jouir d'une solide croissance nette de l'emploi.
  • Atteindre la cible de réduction de 25 % passe nécessairement par l'imposition d'un prix élevé sur le carbone ainsi que par une réglementation ciblée et des investissements visant à développer l'utilisation de technologies propres.
  • En 2020, les Canadiens économiseront plus de 5,5 milliards de dollars chaque année en essence grâce à l'efficacité accrue des véhicules, une meilleure offre de transports en commun et une diminution des distances parcourues.

«Cette étude démontre que les cibles recommandées par les scientifiques sont réalistes et atteignables sans empêcher l'accroissement de la prospérité économique et de la qualité de vie des Canadiens. Le Canada échoue systématiquement à respecter ses engagements internationaux en matière de changements climatiques. Le défi de notre pays n'est pas de nature économique ou technologique; c'est plutôt le leadership politique audacieux qui nous manque», explique Dale Marshall, analyste de politiques en matière de changements climatiques pour la Fondation David Suzuki.

L'étude propose que le prix du carbone soit initialement fixé à 50 $ la tonne en 2010, pour ensuite être progressivement majoré chaque année jusqu'à 200 $ la tonne d'ici 2020. De plus, elle identifie des secteurs clés tels que l'enfouissement des déchets, les transports et le chauffage domestique où il serait possible d'atteindre rapidement des réductions considérables des émissions de gaz à effet de serre par la réglementation.
Dans le cadre des négociations climatiques qui se déroulent actuellement à Poznan en Pologne, sous l'égide des Nations Unies, l'établissement de cibles précises de réduction des émissions de gaz à effet de serre est sur la table.

«Un récent sondage indique que les Canadiens réclament des cibles de lutte contre le réchauffement de la planète fondées sur des données scientifiques. Le Canada doit cesser de faire obstacle aux cibles fondées sur des données scientifiques dans le cadre des négociations climatiques mondiales et s'engager envers des cibles et des mesures qui lui permettront de réduire ses propres émissions d'ici 2020, conformément aux recommandations scientifiques», affirme Matthew Bramley, directeur du programme des changements climatiques de l'Institut Pembina.

L'actuel ralentissement économique ne change en rien les conclusions du rapport. Toutes les politiques dans l'étude entrent en vigueur en 2010, ce qui donne suffisamment de temps à l'économie de se redresser. De plus, même si les États-Unis et d'autres principaux partenaires commerciaux ne réduisent pas leurs émissions autant que le Canada, notre compétitivité mondiale n'en souffrira pas. Le rapport précise que des secteurs vulnérables peuvent être protégés en bénéficiant du transfert d'une partie des recettes provenant de la tarification du carbone.

À propos de ce rapport : L'analyse économique a été préparée par M.K. Jaccard and Associates Inc. à l'aide d'un modèle économique largement utilisé par les gouvernements du Canada, de l'Alberta et d'autres provinces. Le rapport rendu public aujourd'hui présente les conclusions préliminaires d'un projet de modélisation économique en cours, dans le cadre duquel l'Institut Pembina et la Fondation David Suzuki se pencheront également sur les politiques qui seraient nécessaires pour atteindre l'actuelle cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 du gouvernement du Canada. Un rapport exhaustif final sur le projet sera déposé en 2009.

4 décembre 2008