La réglementation canadienne des produits cosmétiques a besoin de se refaire une beauté | Médias

Un nouveau rapport fait état des produits chimiques toxiques contenus dans les savons, shampoings, déodorants et dentifrices

OTTAWA — Selon un rapport publié aujourd'hui par la Fondation David Suzuki, le Canada a besoin de règlements plus contraignants afin d'empêcher que les produits d'hygiène et de beauté contiennent des substances chimiques toxiques. Le rapport fait état des résultats d'un sondage en ligne qui a eu lieu plus tôt cette année et dans lequel les participants étaient invités à examiner la liste d'ingrédients de leurs cosmétiques afin d'y rechercher 12 groupes de produits chimiques potentiellement nocifs. Plus de 6 200 Canadiens ont participé au sondage et ont fourni des données sur 12 500 produits d'hygiène et de beauté. Quatre produits sur cinq figurant au sondage contenaient au moins un ingrédient soupçonné d'être lié à des problèmes environnementaux ou à la santé — y compris le cancer, les troubles de l'appareil reproducteur, l'asthme et les allergies graves.

« Les résultats du sondage indiquent la présence à grande échelle de '12 ingrédients à éviter' dans les produits que nous utilisons sur nos corps tous les jours », explique Lisa Gue, analyste en politiques de santé environnementale de la Fondation David Suzuki. « Il est évident qu'il nous faut des règlements plus efficaces pour empêcher que ces produits chimiques potentiellement nocifs se retrouvent dans les produits de grande consommation. »

Le rapport cerne plusieurs faiblesses que contiennent les lignes directrices du Canada en matière d'étiquetage et de notification des ingrédients dans les cosmétiques. Par exemple, les fabricants n'ont pas à divulguer certains ingrédients parfumés particuliers. Le terme générique « parfum » dans une liste d'ingrédients de cosmétiques masque un cocktail de produits chimiques potentiellement nocifs. Même les produits dont l'étiquette indique « inodore » ou « non parfumé » peuvent contenir des ingrédients parfumés non spécifiés servant à masquer d'autres produits chimiques. « Parfum » est l'ingrédient dont il a été le plus souvent fait état; il a été noté dans plus de la moitié des produits du sondage.

« Il est évident que cette lacune quant aux produits parfumés laisse un relent désagréable », poursuit Mme Gue. « Les fabricants de cosmétiques devraient être obligés de préciser les produits chimiques qu'ils utilisent comme ingrédients parfumés et des produits plus sûrs devraient remplacer ceux qui sont potentiellement nocifs.

Bien que les résultats de ce sondage ne soient pas encourageants, ils indiquent un réel désir de changement — 98 pour cent des répondants souhaiteraient que les lois du Canada soient renforcées. Autres recommandations du rapport : cerner les ingrédients potentiellement dangereux dans les produits d'hygiène et de beauté par un système normalisé d'étiquettes de mise en garde; permettre l'accès par le public à l'information sur les ingrédients que les fabricants de cosmétiques soumettent à Santé Canada; et contrôler l'utilisation commerciale des termes « inodore/non parfumé » et « naturel/biologique/organique ».

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Le rapport Ce qui importe le plus, c'est le contenu et des renseignements généraux sont disponibles sur www.davidsuzuki.org/fr/publications. Pour plus de renseignements, communiquez avec :

Lisa Gue, Fondation David Suzuki, 613-594-5428
Catherine Orer, Fondation David Suzuki, 514-316-4646 ×104

18 octobre 2010