Old Harry : La Coalition Saint-Laurent dénonce les négociations secrètes entre Ottawa et Québec | Médias

La création d'un office des hydrocarbures extracôtiers doit être soumise à un examen public approfondi

Îles-de-la-Madeleine — La Coalition Saint-Laurent interpelle les gouvernements du Québec et du Canada afin qu'ils soumettent la création d'un Office Canada-Québec sur les hydrocarbures extracôtiers à un examen public approfondi. La Coalition souligne que d'importantes commissions indépendantes, mises sur pied aux États-Unis et à Terre-Neuve, ont récemment remis en question la capacité de tels offices d'assurer la sécurité des opérations et la protection de l'environnement. La Coalition demande au gouvernement du Québec de conditionner la signature de toute entente avec le fédéral aux résultats de sa propre Évaluation environnementale stratégique (ÉES) en cours et à un examen public afin de permettre sa bonification.

La Coalition croit urgent d'intervenir alors que tout semble indiquer que la création d'un tel office sera annoncée à brève échéance. Les commentaires récents de la ministre Nathalie Normandeau à l'effet que les négociations avec le fédéral allaient « très, très, très bien » et le message inaugural de Jean Charest la semaine dernière qui parlait « de conclure, dans les meilleurs délais, une entente avec le gouvernement fédéral » laissent entendre que la signature d'une entente est imminente. « Nous interpellons les ministres Nathalie Normandeau et Christian Paradis pour qu'ils conditionnent la signature de toute entente à une consultation publique» a affirmé Danielle Giroux d'Attention FragÎles.

La Coalition Saint-Laurent rappelle que des commissions indépendantes au Canada et aux États-Unis, dont la Commission Wells à Terre-Neuve et la National Commission on the BP Deepwater Horizon Oil Spill and Offshore Drilling aux États-Unis, ont conclu que le fait de confier à une seule agence le mandat de promouvoir le développement économique de cette filière tout en assurant efficacement la protection de l'environnement et la sécurité des opérations créait un conflit d'intérêts qui devait être corrigé. « La structure actuelle des offices les rend à la fois juges et parties dans le développement de l'industrie pétrolière en milieu marin, situation qui a directement mis en cause la sécurité des opérations pour la protection des travailleurs et des écosystèmes » a affirmé Christian Simard de Nature Québec.

Selon la Coalition, le rapport de la Commission Wells a complètement discrédité l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers (l'Office) en remettant en question sa capacité d'assurer la sécurité des travailleurs et des opérations pétrolières en milieu marin. Ce rapport confirme également que la création d'une structure indépendante à l'Office est nécessaire pour assurer la sécurité des installations pétrolières extracôtières et la protection de l'environnement. « Les offices doivent minimalement passer le test des récentes commissions d'enquête, ce qui implique la création d'agences indépendantes pour assurer la sécurité des opérations et la protection de l'environnement » a ajouté Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki. Rappelons que la Commission Wells avait été mise sur pied suite au naufrage en mer d'un hélicoptère de transport de personnel et au décès de 17 personnes en 2009.

La Coalition juge qu'avant toute création d'un nouvel office des hydrocarbures extracôtiers, de profondes réformes doivent être engagées afin d'assurer la sécurité des installations, des travailleurs et la protection de l'environnement. En plus des défaillances notées dans le rapport Wells, l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers peut se soustraire à la Loi d'Accès à l'information et à l'examen du vérificateur général de Terre-Neuve. « Il est inconcevable que l'agence responsable de la sécurité des opérations pétrolières dans le golfe ne soit pas soumise aux plus hauts standards de transparence, de contrôle et de supervision par les organismes gouvernementaux appropriés » a renchéri Patrick Nadeau de la SNAP.

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La Coalition Saint-Laurent regroupe 50 organismes et associations issus de secteurs économiques variés et près de 1000 individus. Les membres de la Coalition demandent que soit décrété un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dans l'ensemble du golfe du Saint-Laurent.

Sources :

Danielle Giroux
Porte-parole de la Coalition Saint-Laurent (entrevue en français)
Présidente, Attention FragÎles
418-986-6644 / coalitionstlaurent@me.com

Catherine Orer, directrice des communications
Fondation David Suzuki
514-316-4646 ×104 / catherine.orer@davidsuzuki.org

Christian Simard, directeur général
Nature Québec
418-648-2104 ×2071 / direction@naturequebec.org

Patrick Nadeau, directeur général
Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec
514-278-7627 ×226 / pnadeau@snapqc.org

1 mars 2011