Cinquième rapport du GIEC : Il est encore temps d'éviter les pires impacts des changements climatiques si nous agissons maintenant | Médias

La Fondation David Suzuki demande aux Canadiens d'appuyer les mesures visant à lutter contre les changements climatiques en réponse au dernier rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

Montréal — Les résultats du premier volet du cinquième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) montrent une plus grande certitude quant au fait que l'activité humaine, plus particulièrement la combustion de combustibles fossiles et la déforestation, provoque des changements climatiques. Le rapport confirme que les effets du réchauffement climatique se manifestent déjà partout sur la planète : on observe une intensification des sécheresses, des inondations, des phénomènes météorologiques violents et de l'acidification des océans.

La Fondation David Suzuki demande aux citoyens du pays d'appuyer la lutte contre les changements climatiques, puisque le rapport indique également qu'il est toujours possible d'en prévenir les risques les plus importants, mais que, bientôt, il sera trop tard. Il faut donc agir sans tarder, et ce, à grande échelle.

« Au cours des dernières années, au Canada, nous avons été témoins de nombreux phénomènes météorologiques violents, tels que les inondations de la rivière Richelieu en 2011, rappelle Ian Bruce, directeur, science et politique, à la Fondation David Suzuki. Ces phénomènes ne sont que la pointe de l'iceberg, puisqu'ils nous montrent à quel point nos collectivités seront vulnérables si nous laissons les changements climatiques s'intensifier davantage. Le rapport du GIEC laisse entendre que, si nous ne faisons rien pour réduire les émissions de carbone, nous n'en serons que plus vulnérables. Toutefois, le rapport indique également que nous avons encore le choix : nous pouvons prendre les mesures qui s'imposent pour renverser la tendance de la croissance des émissions. »

« Si vous étiez certain, à 95 %, que votre maison courre le risque de prendre en feu, et si vous pouviez faire quelque chose pour l'en empêcher, vous le feriez, ajoute M. Bruce. »

« Au Québec, la stratégie énergétique qui sera développée sera un véritable test quant à notre capacité de réduire nos émissions de GES. Elle peut nous léguer une infrastructure qui verrouillerait notre dépendance aux combustibles fossiles, ou au contraire, elle peut nous faire prendre le virage des énergies vertes» de dire Jean-Patrick Toussaint, Chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki.

Les derniers scénarios du GIEC font état de températures qui pourraient augmenter de 0,3 °C à près de 5 °C au cours de ce siècle. Or, cette hausse dépend largement des mesures que nous allons prendre pour réduire les émissions. La hausse actuelle des émissions mondiales, principalement causée par l'utilisation excessive de combustibles fossiles, est dangereuse, car elle est plus susceptible de provoquer une augmentation de température plus dramatique (dans la gamme de température supérieure) et les phénomènes météorologiques extrêmes dans l'avenir. La température moyenne mondiale a déjà augmenté de près d'un degré Celsius depuis le début du 20e siècle (depuis 1901).

« On pourrait croire que cette hausse importe peu, mais ce n'est pas le cas, avance M. Bruce. Il faut garder à l'esprit qu'il n'y a qu'une différence de 5 degrés entre l'ère de glace et notre climat actuel, climat qui présente des "conditions idéales pour que la planète soit habitable pour les humains, soit ni trop froide, ni trop chaude". »

« La génération de nos parents ne savait pas qu'il existait un risque de réchauffement climatique et de changements climatiques, mais nous, nous le savons. Il est injuste de laisser nos enfants et les enfants de nos enfants gérer les conséquences dévastatrices de ce problème, termine M. Bruce. »

Généralités sur le cinquième rapport d'évaluation du GIEC

Le GIEC produit les rapports scientifiques les plus complets sur les changements climatiques à l'échelle planétaire, qui sont fondés sur le plus grand consensus de scientifiques du monde entier. Le GIEC a reçu le prix Nobel de la paix en 2007. Le 27 septembre (résumé) et le 30 septembre (rapport complet), le premier des quatre volets du Cinquième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a été publié à Stockholm. Ce rapport synthétise l'état des connaissances actuel sur les changements qui s'opèrent dans les systèmes naturels de la planète qui soutiennent la vie humaine et sur les changements à venir en raison des niveaux de pollution sans précédent causé par le carbone rejeté dans l'atmosphère. Le rapport précédent, soit le Quatrième rapport d'évaluation, a été publié en 2007 et a déclenché de sérieux débats à l'échelle mondiale sur les mesures à prendre pour lutter contre les changements climatiques. Le premier volet du Cinquième rapport d'évaluation porte sur les « sciences physiques » des changements climatiques. Les autres volets seront publiés au cours de la prochaine année. Le deuxième volet évalue les recherches les plus fiables de tous les pays sur les conséquences des changements climatiques et le troisième, les stratégies d'atténuation (troisième volet). Le dernier volet est un rapport synthèse qui regroupe l'information des trois chapitres.

Le résumé à l'intention des décideurs a été publié vendredi, et le rapport complet sera publié lundi.

Pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet, consultez le communiqué de presse du GIEC à l'adresse (anglais seulement) : http://www.ipcc.ch/

Pour toute demande d'entrevue :

Manon Dubois, (514) 679-0821
mdubois@davidsuzuki.org

27 septembre 2013