Publication de l'étude finale de l'ÉES-2 sur le golfe du Saint-Laurent : Le Québec ne doit pas aller de l'avant avec l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dans le golfe | Médias

Montréal — Un peu plus d'une semaine après le début des consultations sur la stratégie énergétique du Québec, voilà que la ministre des Ressources naturelles a dévoilé, vendredi dernier en fin de journée, le rapport final de l'évaluation environnementale stratégique (ÉES-2) portant sur la portion québécoise du golfe du Saint-Laurent. Pour la Coalition Saint-Laurent, il est évident, à la lecture du rapport, que les conditions ne sont pas réunies pour lever le moratoire dans le golfe du Saint-Laurent.

Alors que ce rapport est attendu depuis près de 10 mois, la Coalition Saint-Laurent s'inquiète de la manière dont la Ministre Ouellet a glissé un rapport d'une telle importance au sein d'une consultation très large sur la filière énergétique du Québec. Rappelons que le rapport de l'ÉES-2 paru vendredi servira de base afin de décider si oui ou non le Québec lèvera le moratoire en cour dans la portion québécoise du golfe du Saint-Laurent et la baie des Chaleurs.

« En aucun cas la consultation sur l'avenir énergétique du Québec ne peut tenir lieu de consultation sur l'avenir du golfe du Saint-Laurent. L'importance des enjeux soulevés dans cette étude devrait mener à une vaste consultation, un BAPE, portant uniquement sur la question de l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent avant toute décision de lever le moratoire», d'affirmer Danielle Giroux, porte-parole de la Coalition Saint-Laurent.

Les intentions du gouvernement du Québec semblent claires. Un des objectifs de la future politique énergétique est d'explorer et d'exploiter les hydrocarbures. La consultation, nous dit-on, vise à définir les moyens pour y arriver, ce qui semble incohérent face aux conclusions du rapport de Genivar. À ce titre, l'ÉES-2 confirme la position soutenue par la Coalition Saint-Laurent : le Québec n'est pas prêt à se lancer dans une telle aventure dans le golfe du Saint-Laurent. Parmi les constats du rapport de Genivar, soulignons l'absence d'acceptabilité sociale, le besoin de reconnaitre le golfe du Saint-Laurent dans son ensemble, le manque de capacité d'intervention en cas d'urgence, le manque d'encadrement règlementaire en termes d'enjeux environnementaux et le manque de connaissances biologiques du milieu.

« Face aux lacunes sur nos connaissances du golfe et en l'absence d'acceptabilité sociale, nous déplorons le fait que le gouvernement du Québec propose une consultation simple et inadéquate en ligne quant au rapport de l'ÉES-2, et nous craignons que les consultations énergétiques soient utilisées comme tremplin pour mousser l'ouverture du golfe du Saint-Laurent à l'exploration et l'exploitation pétrolière » de conclure madame Giroux.

« Considérant l'ampleur des constats établis dans le rapport et les lacunes importantes dénotées, la mise place de mesures de mitigation pour l'environnement et l'étude plus poussée des retombées économiques de projets pétroliers, tel qu'annoncé par le gouvernement, ne pourront réunir les conditions nécessaires pour explorer et exploiter les hydrocarbures dans le golfe de façon responsable et sécuritaire. Nous nous étonnons donc de voir le gouvernement mettre l'emphase sur la création de deux comités, un technique et un économique, alors que le rapport déplore le manque de connaissances environnementales », d'affirmer Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki.

Enfin, la Coalition Saint-Laurent réitère sa demande auprès du gouvernement pour une véritable étude sur l'ensemble du golfe et une consultation indépendante avant toute décision, soit un BAPE sur l'exploration et l'exploitation dans la partie québécoise du golfe du Saint-Laurent. La Coalition demande au gouvernement du Québec de maintenir le moratoire couramment en place et d'œuvrer en concertation avec les autres provinces et le fédéral pour étendre le moratoire à l'ensemble du golfe.

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La Coalition Saint-Laurent regroupe des Premières Nations et des non-autochtones, provenant de 80 organismes et associations et plus de 4 700 individus issus de secteurs économiques variés et des 5 provinces côtières du golfe. Les membres de la Coalition demandent que soit décrété un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dans l'ensemble du golfe du Saint-Laurent.

Sources :

Danielle Giroux
Porte-parole de la Coalition Saint-Laurent (entrevues en français)
Présidente, Attention FragÎles
coalitionstlaurent@me.com
http://www.coalitionsaintlaurent.ca/
418-937-7993

Jean-Patrick Toussaint, Chef projets scientifiques
Fondation David Suzuki
438-884-4720 / jptoussaint@davidsuzuki.org

16 septembre 2013