Montréal — Comme à peu près tous les citoyennes et citoyens du Canada ces jours-ci, la Fondation David Suzuki suit de près l'évolution des terribles feux de forêt qui consument la région de Fort McMurray. Comment ne pas s'inquiéter de la sécurité des gens qui y habitent et ne pas éprouver de sympathie pour tous ces gens qui ont dû quitter leur foyer et tout abandonner pour échapper aux flammes? Cette tragédie, qui s'ajoute aux difficultés qu'éprouve déjà cette région touchée par le ralentissement des activités pétrolières, est un cruel coup du sort. En revanche, la réponse face à la catastrophe témoigne du courage, de la bonté et de l'esprit de corps qui règnent au sein de la population de cette région — sans parler des pompiers et secouristes, et des communautés des Premières Nations qui ont spontanément offert d'accueillir des sinistrés — et, heureusement, l'évacuation s'est déroulée rapidement et avec soin, si bien que l'on ne déplore aucun grand blessé ni aucun mort.

Au cours de cette première semaine du mois de mai, des feux de forêt ont également dévoré de grandes parties de la Saskatchewan, de la Colombie-Britannique et du Nouveau-Brunswick, et le Manitoba est sur le qui-vive. L'on enregistre également des incendies dévastateurs dans le Minnesota, dans le nord de l'Inde et au Népal, entre autres régions touchées. Les feux de forêt dans la forêt boréale ne sont pas inhabituels. Ce qui l'est, en revanche, ce sont les températures de 33oC enregistrées si tôt dans l'année. Au début de mai, la température maximum moyenne à Fort McMurray est de 16oC. L'Alberta a enregistré l'an dernier deux fois plus de feux de forêt que sa moyenne des 25 années précédentes, et la saison des feux de forêt dans cette région, comme dans bien des endroits dans le monde, s'allonge d'année en année et les incendies dévastent des zones de plus en plus grandes. La sécheresse due à l'absence de précipitations, des vents forts et les températures élevées dans le nord de l'Alberta ont alimenté l'un des pires feux de forêt jamais enregistrés dans cette région. La Colombie-Britannique n'a pas pu envoyer des pompiers en renfort, car cette province est elle aussi aux prises avec de nombreux feux de forêt sur son territoire.

Il y a plusieurs décennies déjà que les climatologues nous mettent en garde contre le réchauffement planétaire et son incidence sur le climat — conditions météorologiques extrêmes de plus en plus fréquentes et aigües, et leur lot de conséquences telles que sécheresses, inondations et incendies. Nous sommes tous, où que nous vivions, touchés par ces catastrophes. Il est important de faire en sorte que les mesures soient en place pour protéger les populations contre les feux de forêt et autres catastrophes, venir en aide aux populations touchées et sensibiliser les gens en matière de prévention des incendies. Il est également important que les gouvernements, les entreprises et les citoyens mettent en œuvre les engagements de l'accord sur le climat signé à Paris en 2015 pour réduire les causes des conditions climatiques extrêmes et leurs conséquences dévastatrices. Nous avons la responsabilité collectivement d'aider les populations dans le besoin et de réduire les probabilités de catastrophes futures.

Pour l'instant, faisons tout ce que nous pouvons pour soutenir la population de Fort McMurray, qui travaille d'arrache-pied et dans des conditions extrêmement difficiles pour essayer de contrer les feux de forêt, et devra se retrousser les manches pour se rebâtir un avenir. Nous pouvons tous donner un coup de pouce en versant un don à la Croix-Rouge. Le gouvernement fédéral s'est engagé à verser le montant équivalent aux dons que nous, Canadiennes et Canadiens, aurons versés. Soyons généreux!

- 30 -

Renseignements :

Manon Dubois Crôteau, Directrice des communications (Québec)
Fondation David Suzuki
mdubois@davidsuzuki.org, 514.679.0821

6 mai 2016