L'économie verte | Médias

Malgré une situation économique de plus en plus préoccupante, «une majorité de Canadiennes et Canadiens croient qu'il est urgent de mettre en place de nouveaux projets environnementaux au Canada» ( Environics Research, décembre 2008). Pourtant, on a peu abordé la possibilité d'un plan de relance économique vert au Canada.

Aux États-Unis, on mise sur un président qui prend au sérieux le problème du réchauffement planétaire. Comme l'affirmait Barack Obama en décembre dernier : «Le temps du déni est révolu». «Nous sommes tous convaincus, ainsi que les scientifiques l'ont démontré depuis des années, que c'est une question d'urgence et de sécurité nationale, à laquelle nous devons faire face très sérieusement. J'ai bien l'intention d'y employer mon administration.»

Le Président élu Obama reconnaît aussi que la création d'emplois verts, notamment dans le secteur des énergies renouvelables, est un excellent moyen pour stimuler et relancer l'activité économique.

Occasion unique : une relance économique verte, «made in Canada» !

Créer suffisamment de nouveaux emplois de «cols verts» pour contrôler le réchauffement planétaire et, inclusivement, offrir un espoir économique pour celles et ceux qui en ont le plus besoin, est un défi majeur. Voici quelques suggestions de la Fondation David Suzuki pour que des politiques favorables à l'environnement servent à propulser la «nouvelle économie». (Au besoin Cf. sujets pertinents dans la boîte à votre droite).

C'est avant tout une question d'énergie !

En ce nouveau siècle, le secteur industriel le plus productif sera celui de l'énergie, notamment au chapitre des nouvelles sources d'énergie : concevoir de nouvelles technologies d'application, tant pour le solaire que pour l'éolien ou pour d'autres alternatives ; reconvertir les habitations, les bureaux et les véhicules à des formes innovatrices de consommation énergétique. Beaucoup de nouveaux emplois seront également nécessaires à la construction de parcs éoliens et à l'installation de panneaux solaires.

Des emplois de «cols verts» pour renforcer la classe moyenne !

Les emplois des cols verts sont des emplois de qualité. Un investissement massif dans une relance économique verte nécessitera une main d'œuvre qualifiée, qui ne sera pas à la merci des fluctuations cycliques, comme c'est le cas des emplois dans le secteur des matières premières.

La plupart des emplois verts sont locaux !

Le verdissage de notre économie exige des interventions aux endroits mêmes où nous vivons et travaillons, notamment dans notre façon d'y circuler. Les emplois afférents peuvent donc difficilement, sinon pas du tout être exportés.

Le bien-être de la planète et la productivité économique vont de pair !

À mesure que le verdissage économique augmente l'efficacité énergétique tout en préservant les matières premières, c'est la productivité de l'économie canadienne toute entière qui en bénéficie. À ce chapitre, malheureusement, notre performance traîne à la queue du peloton des pays de l'OCDE.

Un emploi de col vert renforce le tissu social !

Qu'on soit en ville, en campagne ou dans les communautés nordiques, nos municipalités souffrent depuis des décennies du manque d'intérêt et d'investissement dans leur croissance. Par contre, de nouveaux investissements dans les transports en commun, et des programmes d'évaluation énergétique pour nos villes et municipalités, de même que la multiplication de parcs éoliens et l'extension du Programme ecoÉnergie pour les populations nordiques ou éloignées, voilà du pain sur la planche pour les nouveaux cols verts qui en feront bénéficier tout le tissu communautaire.

Un col vert est un employé de la planète !

Hé oui ! Le col vert s'emploie à préserver et à augmenter la qualité de l'environnement. Sa mission supporte un complexe industriel dont la croissance nous aidera à vaincre notre dépendance au pétrole, à contenir nos émissions atmosphériques, à éliminer les agents toxiques et à préserver les écosystèmes.

C'est avant tout une question de leadership !

La résolution de la crise à laquelle nous sommes confrontés dépend moins de notre capacité d'innovation technologique que d'interventions de leadership responsable et consistant.

Nous devons créer de nouveaux emplois d'un nouveau type en investissant dès maintenant dans un projet d'économie prospère et durable pour le 21 e Siècle. Ces emplois devront reposer sur les progrès du savoir dirigé vers le développement et l'exploitation de sources d'énergie alternatives/renouvelables.

La récession actuelle offre l'occasion de s'assurer que les investissements publics et privés dédiés à la relance économique, soient dirigés vers des solutions énergétiques propres, à faible émission de gaz carboniques.

20 janvier 2009