À nous les berges! | Mode de vie & compagnie | Fondation David Suzuki
Photo: À nous les berges!

(Crédit: Simon Parent, Verdun)

Photo 300.jpgCet été, j'ai fait, malgré moi, une déclaration-choc : aujourd'hui, je me suis baignée dans le fleuve. S'en suivirent à tout coup des réactions d'étonnement ou de dégout. Pourtant lorsqu'on se balade le long des berges, que ça soit à Verdun ou LaSalle, les quelques chanceux qui en profitent s'y rendent pour taquiner le poisson, lire un livre dans leur chaise pliante, délier les jambes de leur chien, ou encore pour se minoucher aux doux sons des canards. Les berges sauvages regorgent de petites criques parfaites pour la baignade et pour un instant, il devient possible d'oublier la ville et de se croire en pleine campagne.

Tout a commencé lorsque j'ai pris un cours de surf à LaSalle il y a trois ans. Après avoir passé la journée dans l'eau je n'étais pas malade, je n'empestais pas l'eau polluée et j'étais remplie d'un sentiment de fierté sans bornes : je vis sur une île, cette eau m'appartient, et je ressens cette fatigue saine de l'exercice...

Nous avons tous entendu nos parents ou nos grands-parents nous raconter l'époque où ils se baignaient librement dans le fleuve ou dans la rivière des mille îles sans se poser de questions. On les enviait, ce privilège était révolu. Le fleuve de notre génération était dorénavant un déchet, et nous regardons avec scepticisme les quelques hurluberlus qui sautent à l'eau une fois par année afin de nous conscientiser par rapport à l'espoir retrouvé. Mais l'habitude s'est perdue et nous demeurons cyniques.

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Or, cet été, par une journée de canicule, ma copine et moi promenions son chien au bord du fleuve. À force de le regarder nager vers ses bâtons, l'impulsion de sauter à l'eau fut si forte que nous nous sommes posées à question : la qualité de l'eau est-elle vraiment acceptable pour la baignade? C'est là où le téléphone intelligent prend tout son sens. Le site web de la Ville de Montréal offre un suivi de la qualité bactériologique des cours d'eau de Montréal par le biais d'une carte interactive de l'île.

La classification est basée sur les teneurs en coliformes fécaux, histoire d'évaluer si l'eau est suffisamment sécuritaire pour qu'on puisse l'utiliser à des fins récréatives.

La baignade est parfois à proscrire après de fortes pluies, car le risque de débordements d'égouts augmente. Il va sans dire que le travail de protection des eaux et de son écosystème demeure un combat et malheureusement, la volonté d'agir rapidement ne semble pas être la priorité de nos politiciens. Mais nous sommes dans la bonne voie et j'ose croire que plus les citoyens réclament l'accès à leurs berges, plus nous serons entendus!

Cet été, un ami français en visite à Montréal me demande, tout étonné : Montréal, c'est une île ? Hé oui, mon ami. Et quel bonheur de renter chez soi, en ville, après avoir profité d'une halte à ces plages qui entourent cette île que nous oublions trop souvent que nous habitons !

Caroline Dhavernas

8 octobre 2013

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