Avez-vous la fibre écolo? | Mode de vie & compagnie | Fondation David Suzuki
Photo: Avez-vous la fibre écolo?

Un champ de coton biologique.(Crédit : Kimberly Vardeman via Flickr)

Par Patricia Lachance

Pas mal cette petite robe! Se lave-t-elle à la machine? Voyons voir: « 80% coton, 20% polyester. Fait au Bangladesh. Laver à l'eau froide ». Fantastique! Je la prends! Pas si vite mademoiselle achats compulsifs. N'y a t-il pas d'autres questions qui mériteraient d'être soulevées?

Ce que l'étiquette ne dit pas, c'est que la culture du coton à un lourd impact sur l'environnement. À elle seule, elle équivaut à plus de 2 % des terres cultivées sur la planète. On dit aussi que la production d'un t-shirt exige en moyenne 3000 litres d'eau (l'équivalent d'environ 50 douches!). De plus, les producteurs de coton recourent à une quantité astronomique de pesticides ou encore à des semences transgéniques (une menace à l'intégrité des écosystèmes), pour vaincre les petites bestioles qui s'attaquent à cette plante. Puis, pour donner à la fibre naturelle une jolie couleur, on utilise des teintures toxiques qui contiennent fort souvent des métaux lourds et des substances cancérigènes. Résultat : déforestation, appauvrissement des sols (en raison des monocultures), pollution, impacts sur la santé des travailleurs et j'en passe.

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Et le coton bio dans tout ça?
La production de coton biologique (certifiée EcoCert, par exemple) exclut l'utilisation d'herbicides, de pesticides, d'engrais chimiques et de semences OGM. Elle privilégie l'usage de compost et de fumier comme engrais, ainsi que la rotation des cultures pour contrer la dévitalisation des sols. D'autres labels comme GOTS (Global Organic Textile Standard) garantissent que, dans le processus de nettoyage, le blanchiment ou la coloration de la fibre, on a traité les eaux usées, utilisé des teintures naturelles et qu'on a respecté les normes de l'Organisation mondiale du travail.

Pourquoi choisir le coton bio?
Parce que contrairement aux matières synthétiques (faites de pétrole) ou artificielles (transformées grâce à des produits chimiques), le coton demeure une matière naturelle et renouvelable, à l'instar du chanvre, du lin, du soya, du bambou et de la laine. Et pour faire deux pierres d'un coup, on privilégie l'achat local et équitable. On est ainsi assuré que notre vêtement n'a pas été fabriqué dans un sweatshop (une usine où les droits des travailleurs sont bafoués) et on encourage le talent de créateurs d'ici! Découvrez d'ailleurs quelques griffes éthiques québécoises sur ellequebec.com.

Mais avant de sortir sa carte de crédit, la véritable question est : ai-je vraiment besoin d'une autre petite robe? Parce qu'on ne peut réduire la pollution et le gaspillage, sans freiner ses pulsions de consommation!

Découvrez d'autres billets de Patricia Lachance sur Elle Québec.

20 août 2013

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