Le plein air d'automne avec des enfants : petit guide d'introduction | Mode de vie & compagnie | Fondation David Suzuki
Photo: Le plein air d'automne avec des enfants : petit guide d'introduction

Benjamine et le toutou souris!(Crédit: Dominique Paquin)

Par Dominique Paquin, membre de Cercle scientifique

L'automne est le moment idéal pour faire du plein air avec des enfants. Pas de moustique, de la belle lumière et de la tranquillité. Pourtant, si le camping d'été jouit d'une popularité indéfectible, l'automne fait peur à bien des familles, surtout à celles avec de jeunes enfants. Risque de pluie, de froid, la tente est moins « tentante »... Mais alors, pour bien dormir au sec et au chaud, pourquoi ne pas essayer en famille la randonnée avec coucher en refuge? Afin de vous inspirer un peu, imaginez le scénario suivant (basé sur un fait vécu!) :

Les protagonistes : Famille 1 : P1, M1 et BB (tout juste 2 ans); Famille 2 : P2, M2 et la benjamine de la famille (B — 4 ans).

La situation : refuge dans le parc du Mont-Mégantic, au mois d'octobre en pleine nuit. Il n'y a pas un bruit, tout le monde dort.

Poc!
M1 (couchée avec BB endormi, ne voulant pas bouger pour ne pas l'éveiller): zut la suce vient de tomber...
P1, P1, réveille-toi. P1, réveille-toi! Va chercher la suce qui est tombée sous le lit.
P1 (couché sur le lit à étage, qui vient de se faire réveiller) : t'es sérieuse là?
...

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Plus tard dans la nuit .Scrouchscrouchscrouch.

M2 (ouvre sa frontale pour chercher d'où vient le bruit. Elle aperçoit la petite souris, mais heureusement, ils ont suspendu la nourriture!)
M1 : c'est quoi le bruit?
M2 : une petite souris qui mange les miettes sur la table.
B : mmmm, souris? Souris, souris, où est mon toutou souris. MAMAN, mon toutou souris est perdu!!!
...

P2 (au matin) : ah, quelle bonne nuit!

Et voilà, c'est vrai : les nuits en refuge ne sont pas toujours celles où le sommeil est le plus confortable et le moins perturbé! Mais quel plaisir de se lever à l'aurore écouter les oiseaux, de se réchauffer autour du poêle à bois lors des moments humides, de jouer aux cartes à la lueur des bougies et des frontales, de conter des histoires effrayantes juste avant d'aller faire un dernier tour dans les bécosses (à toute vitesse, au cas où il y aurait des bêtes effrayantes). Et surtout, quel bonheur d'avoir du temps juste pour être ensemble, tout simplement! Y amener des enfants? Bien sûr! Mes trois filles y ont gouté, et même rendues adultes, mes deux ainées nous accompagnent encore, au gré de leur disponibilité. Et l'automne est la saison idéale pour faire ses premières armes. Pas de froid intense, pas de tempête de neige qui rend la progression à ski difficile. Juste les couleurs, le bruit des feuilles qui craquent sous les bottes, la solitude et un peu de boue!

Pour le transport des bagages, tout le monde participe, même les petits! Très jeunes, ils apprécient préparer leur (petit) sac et y déposer leurs effets (toutou, jeu, livre d'images) choisis avec minutie en fonction de l'espace et du poids (non pas le gros ours, le petit pingouin). Et même si parfois un parent doit se charger du petit sac supplémentaire pour une portion du trajet, les enfants sont toujours fiers de participer à l'effort collectif de transport.

Quelques conseils pratiques :

1- Choisir un refuge adapté au nombre de personnes et l'occuper en entier. Si vous n'avez pas envie de partager l'espace avec une bande de fêtards qui veillent, eux n'ont pas envie de se faire réveiller par des enfants en pleine forme dès 6 heures du matin!

2- Ne pas faire de longues distances si vous voulez que les petites jambes suivent. Plusieurs refuges ne sont qu'à quelques kilomètres (moins de 5 km) du départ. C'est bien suffisant pour avoir l'impression d'être au bout du monde si on y a transporté ses bagages.

3- Amener des cordes pour suspendre la nourriture. Certains refuges sont équipés de boîtes anti-bêtes, mais pas tous.

4- Voir simple et léger pour la nourriture et les jeux. C'est le moment de préparer une entrée de légumes frais (locaux et bios) accompagnée d'une trempette suivie de simples pâtes (faciles à cuisiner sur un réchaud) avec votre sauce maison congelée qui dégèle tranquillement (et garde le lait au frais). Pour les temps libres, dès qu'il fait trop noir pour faire des cabanes et la chasse aux insectes, les jeux de cartes s'avèrent parfaits : ils plaisent à tous et ne pèsent pratiquement rien!

5- Quelques friandises surprises peuvent parfois motiver les troupes : « Un morceau de bleuets au chocolat après la prochaine montée! » C'est le moment de goûter aux spécialités locales.

6- Rentabiliser son déplacement et diminuer son empreinte de CO2 en partant plus d'une nuit et remplissant la voiture avec des amis. Et privilégier les endroits souvent méconnus et pas très loin. Moins vous aurez de transport à faire, plus vous aurez de temps dans le bois.

7- Respecter les principes du « sans traces ». C'est une simple question de bon sens et de respect pour la nature et les autres randonneurs. Et ce n'est pas compliqué, il faut simplement qu'on ne puisse pas détecter votre présence après votre passage : ramener ses déchets, utiliser des produits biodégradables (notamment l'indispensable savon à vaisselle), demeurer dans les sentiers. Consultez le site sans traces

8- Oublier les cosmétiques pour quelques jours. Il n'y a pas de miroir de toute façon...

Références :
On trouve de nombreux refuges dans les parcs et réserves de la SÉPAQ, mais également dans plusieurs parcs régionaux comme la forêt Ouareau, la vallée du bras du nord (Portneuf), le sentier des Caps .

9 septembre 2013

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