Photo:  Les bélugas menacés par un port pétrolier: une première victoire!

(Crédit : Raquel Lobo via Flickr)

Par Karel Mayrand

Le 23 septembre dernier, la Fondation et ses alliés ont remporté une importante victoire en cour pour faire cesser les forages de la compagnie TransCanada à Cacouna, dans l'habitat des bélugas. Cette première victoire est importante puisque les bélugas sont une espèce menacée dont il ne reste plus que 900 individus et dont la survie serait sérieusement compromise si le projet de port pétrolier de TransCanada voyait le jour.

TransCanada souhaite acheminer 1,1 million de barils de pétrole par jour, soit plus de trois fois la consommation du Québec, par son projet d'oléoduc Énergie Est. La compagnie souhaite construire un port pétrolier à Cacouna, près de Rivière-du-Loup, dans une zone fortement fréquentée par les femelles bélugas et leurs veaux entre le 30 avril et le 15 octobre. Cette zone est reconnue comme la pou- ponnière des bélugas du Saint-Laurent.

Les nouvelles demeurent inquiétantes pour cette population de bélugas. Cet été encore, près d'une dizaine de carcasses de veaux ont été retrouvées sur les rives du fleuve, poursuivant ainsi une ten- dance malheureuse observée ces dernières années. Le dérangement causé par l'implantation d'un port pétrolier et l'arrivée de superpétroliers dans cette partie du fleuve pourrait bien être l'élément de trop qui provoquera le déclin définitif des bélugas et leur disparition.
Le Saint-Laurent, 3 on plonge dedans!

Les prochaines étapes seront déterminantes dans ce dossier. Le recours juridique a permis de démontrer que Québec et Ottawa ont autorisé les forages de TransCanada sans consulter d'expertise scientifique. Avec l'appui de scientifiques reconnus mondialement, nous allons poursuivre notre travail pour démontrer hors de tout doute que la construction d'un port pétrolier à Cacouna est incompatible avec la survie à long terme des bélugas du Saint-Laurent.

La Fondation continuera aussi de travailler avec ses partenaires pour faire invalider l'autorisation donnée par Québec et pour s'assurer qu'aucune activité susceptible de nuire à la survie des bélugas ne soit autorisée dans le futur. Elle travaillera également pour obliger le gouvernement fédéral à se conformer à ses propres lois, à désigner cette zone habitat essentiel du béluga et à agir pour le protéger.

En 1535, naviguant sur le Saint-Laurent, Jacques Cartier a observé les marsouins, dont il a dit qu'ils étaient blancs comme neige et innombrables. Près de 500 ans plus tard, il n'en reste que quelques centaines, qui résistent courageusement à l'envahisseur. À nous de les protéger. Pour la suite du monde.