Neil Young utilise la musique pour véhiculer le message | Printemps | Éco Solutions | 2014 | Publications | Fondation David Suzuki
Photo: Neil Young utilise la musique pour véhiculer le message

Récemment, j'ai eu le privilège d'accompagner les musiciens Neil Young et Diana Krall pendant leur tournée « Honour the Treaties ». Neil a organisé une série de concerts parce qu'il se préoccupe des impacts des sables bitumineux de l'Alberta sur les Premières Nations vivant à proximité ainsi que des effets du plus important projet de développement industriel sur la planète sur l'air, l'eau et les écosystèmes protégés par des traités au Canada. Il cherchait à savoir si le Canada est une nation qui respecte ses engagements.

Lors de conférences de presse, il s'est fait demander pourquoi un « simple musicien » devrait prendre la parole sur des enjeux environnementaux. Il a répondu que dans une démocratie, tout le monde a le droit d'exprimer une opinion réfléchie et qu'il ne faisait que demander au Canada de respecter ses promesses. Lâche pas, Neil! Ce qu'il n'a pas dit est que tout le monde a droit à son mot sur la qualité de l'air, de l'eau et du sol puisque l'environnementalisme n'est pas une spécialisation comme la médecine, la plomberie ou la musique. C'est un moyen de définir sa place dans le monde.

Depuis longtemps, Neil se préoccupe pour la planète et l'environnement. Il a été un des fondateurs de Farm Aid et a participé au démarrage de l'école Bridge pour enfants gravement handicapés. Il l'avoue, il est amateur de voitures, mais il déteste les émissions de carbone qui résultent de la combustion de l'essence à laquelle carburent les automobiles. Il a donc embauché des ingénieurs pour convertir sa bien-aimée Lincoln Continental 1955 en véhicule hybride électrique qui carbure à l'huile végétale pour recharger les batteries.

Tout comme c'est le cas pour Al Gore (et moi-même), des critiques accusent Neil Young d'être un hypocrite parce qu'il voyage en jet privé et utilise des autobus pour le transport de son personnel et son matériel. Mais que vérité soit dite : nous ne disposons toujours pas de l'infrastructure nécessaire pour habiter un monde à faibles émissions de carbone. Pour le moment, personne ne peut donc vivre comme nous le voudrions et devrions. Nos leaders gouvernementaux et industriels devront adopter des solutions de rechange axées sur des énergies renouvelables non polluantes et mettre en place l'infrastructure nécessaire à un mode de vie durable.

D'ici là, l'important défi consiste à véhiculer le message, à fournir de l'information sur ce qui peut être fait et à inspirer des gens de tous les horizons à participer à l'élaboration et la mise en œuvre de solutions. Surtout, nous devons inciter nos gouvernements à respecter leurs promesses. Voilà ce qu'était le but visé par la tournée « Honour the Treaties ».