Photo: Transport de pétrole sur le fleuve :  La Fondation en campagne pour protéger notre eau potable

(Crédit : Leonardo Aguiar via Flickr)

Par Karel Mayrand

D'ici quelques années, les projets de transport de pétrole par oléoducs, rail et navires-citernes vont plus que quadrupler la quantité de pétrole qui circule le long du Saint-Laurent, qui s'élèvera alors à plus de 1,4 million de barils par jour. La Fondation David Suzuki, la SNAP Québec et le WWF-Canada ont publié en février la toute première étude de cartographie de l'ensemble des risques reliés à ce trafic accru de pétrole le long de notre fleuve.

Notre étude conclut que la multiplication des projets d'exportation de pétrole par rail, oléoduc ou navire sur le Saint-Laurent et sur ses rives, soulève des risques non seulement pour la préservation de la biodiversité du fleuve, mais aussi pour l'approvisionnement en eau potable de 54 villes québécoises comptant plus de 3,7 millions de personnes, soit 45 % de la population québécoise.

L'industrie et les gouvernements tentent de se faire rassurants, mais les chiffres sont éloquents : l'on a dénombré au Canada pas moins de 19 déversements majeurs d'au moins un million de litres et près de 950 déversements de plus petite envergure de 2004 à 2013. Le Québec n'échappe pas à ces risques. Rappelons qu'en juillet 2013, lors de la catastrophe de Lac-Mégantic, plusieurs dizaines de milliers de litres de pétrole se sont déversés dans la rivière Chaudière, privant d'eau potable, et pendant plus de deux mois, 188 000 personnes à Lévis, Sainte-Marie et Saint-Georges en Beauce.

Nous pouvons prévenir de nouvelles atteintes à notre eau potable en nous opposant à ce que le Saint-Laurent devienne une autoroute pétrolière. C'est pourquoi nous avons lancé une pétition en ligne permettant aux citoyens d'écrire à leur maire, au ministre de l'Environnement et au premier ministre du Québec pour leur signifier que nous n'accepterons aucun compromis en ce qui touche à notre eau potable!