Photo: Victoire à Cacouna! TransCanada renonce à bâtir un port  pétrolier dans l'habitat des bélugas

Par Karel Mayrand

Après des mois d'une campagne assidue et de recours juridiques déposés par la Fondation et ses alliés, la compagnie TransCanada a annoncé qu'elle renonçait à son projet de terminal pétrolier dans l'habitat des bélugas à Cacouna. Cette victoire historique prouve bien que la mobilisation citoyenne, la science et la justice peuvent contrer avec succès une puissante entreprise dont la valeur boursière dépasse les 40 milliards de dollars.

Il y a près d'un an, TransCanada avait amorcé - sans l'autorisation du gouvernement du Québec - des travaux dans l'habitat des bélugas. Nous étions intervenus en Cour une première fois au mois de mai et avions obtenu de la compagnie qu'elle suspende ses travaux et demande une autorisation de Québec pour procéder à des forages à l'automne. Nous sommes retournés devant les tribunaux en septembre pour contester une autorisation qui avait été délivrée sans consultation scientifique. La Cour nous a donné raison le 23 septembre et a ordonné l'arrêt des travaux jusqu'au 15 octobre, date à laquelle les bélugas quittent la région de Cacouna.

Cette décision de la Cour et les graves irrégularités qu'elle a mises en lumière marquèrent un tournant décisif. TransCanada n'a pu procéder à aucun forage par la suite et son autorisation n'a pas été renouvelée à l'échéance de la fin novembre. Puis, au début décembre, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), organe du gouvernement fédéral, recommandait que le béluga du Saint-Laurent soit désigné « espèce en voie de disparition ». Au lendemain de cette annonce, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, invitait TransCanada à réexaminer son projet.

Au-delà des recours juridiques, le soutien de la communauté scientifique et la mobilisation citoyenne se sont avérés déterminants dans cette victoire. Au lendemain de notre victoire en Cour au mois de septembre, le premier ministre du Québec souhaitait la reprise des travaux de TransCanada le plus rapidement possible. Deux mois plus tard, il invitait TransCanada à renoncer au projet. Cette volte-face est le fruit d'une opposition quasi unanime de la communauté scientifique au projet, et de la voix citoyenne qui a fait trembler le Goliath du pétrole et ses alliés. Espérons maintenant que cette victoire sera le prélude à de nombreuses autres!