Lutte aux changements climatiques: La plupart des provinces obtiennent encore de très mauvaises notes

October 12, 2006 -

OTTAWA Une nouvelle étude menée par la Fondation David Suzuki démontre que la majorité des provinces et territoires continuent à agir de façon bien trop timide pour lutter efficacement contre les changements climatiques.

«Pour pousser l’ensemble des provinces à agir, et surtout à agir de façon mieux concertée, il faudrait que le fédéral fasse preuve de beaucoup plus de leadership» expliquait l’auteur de l’étude, Dale Marshall, spécialiste de l’analyse des politiques gouvernementales en matière de changements climatiques au bureau d’Ottawa de la Fondation David Suzuki. « Nous avons enregistré certains progrès à l’échelle provinciale, mais il s’agit la plupart du temps de mesures sporadiques et isolées. En fait, la plupart des provinces et territoires continuent à rater des occasions précieuses de stimuler le développement durable et la croissance économique de leur région.

Cette deuxième édition de l’Évaluation des plans des provinces pour contrer les changements climatiques de la Fondation David Suzuki examine les plus récentes données disponibles sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) et propose une analyse critique des programmes et des mesures mis de l’avant par les provinces et territoires au cours de la dernière année. C’est le gouvernement fédéral qui a signé et ratifié le protocole de Kyoto, mais les provinces peuvent et doivent agir de leur propre chef pour aider le Canada à répondre à ses engagements internationaux.

Dans la plupart des provinces et territoires, les mesures pour contrer les changements climatiques varient de timides à inexistantes. En effet, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et le Yukon n’ont pas de plan du tout. Les plans de la Colombie-Britannique, de Terre-Neuve et des Territoires du Nord-Ouest sont vagues et très peu exigeants. Quant à la Saskatchewan et à l’Alberta, elles demeurent de loin les plus grandes émettrices de GES par rapport à leur PIB et elles continuent de laisser croître leurs émissions de GES de façon incontrôlée.

Cela étant dit, il y a quand même quelques bonnes nouvelles. Le Manitoba, l’Île-du-Prince-Édouard, et surtout le Québec, ont maintenant des plans concrets et ambitieux. Le plan du Québec est désormais le meilleur du pays, suivi de près par celui du Manitoba. Il est intéressant de noter que le Manitoba est la seule province dont les cibles de réduction des émissions sont les mêmes que celles de Kyoto.

Voici quelques exemples de mesures efficaces adoptées ou proposées par les provinces :

· La Colombie-Britannique maintient son engagement de protéger les terres agricoles.

· Le plan du Québec prévoit un renforcement des normes en matière de consommation de carburant des véhicules, une augmentation du financement destiné aux transports en commun et l’adoption d’une taxe proportionnelle aux émissions de CO2 des hydrocarbures.

· L’Île-du-Prince-Édouard a comme objectif de produire 15 % de son électricité à partir de ressources renouvelables d’ici 2010.

· Le Manitoba veut réduire fortement ses émissions de GES, notamment en favorisant l’utilisation de thermopompes géothermiques.

· L’Ontario garantit désormais l’accès à son réseau électrique et des prix d’achat fixes aux petits producteurs d’énergie verte.

« Le gouvernement fédéral pourrait facilement agir pour s’attaquer à la grande majorité des émissions de GES, concluait Marshall, ce qui comprend notamment les émissions attribuables aux transports et à la grande industrie. De leur côté, les provinces doivent établir des plans concrets avec des objectifs de réduction fermes. Et pour cela, elles auraient d’ailleurs intérêt à s’inspirer les unes des autres pour identifier les mesures les plus efficaces. Ce n’est que de cette façon que l’on pourra lutter de façon vraiment concrète contre le problème des changements climatiques. »

Pour télécharger le rapport intégral, aller au : www.davidsuzuki.org

Personnes-ressources
Dale Marshall
Analyste, politiques sur les changements climatiques
Fondation David Suzuki
613-302-9913 (cellulaire)
dmarshall@davidsuzuki.org

Justin Smallbridge
Direction des Communications
Fondation David Suzuki
604-732-4228, poste 237
jsmallbridge@davidsuzuki.org

 

 



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